Avec leur bisbille, Hollande et Macron ne sont pas à la hauteur du moment

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Hélène Jouan vous parle politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Dans le JDD, on a appris qu'Emmanuel Macron parlait d'un "zigoto" avec ses proches pour désigner son prédécesseur, François Hollande.

David Doukhan remplace Hélène Jouan du 23 au 27 octobre 2017

Qu'est-ce qu'un "zigoto", selon le Larousse ? Il s'agit d'abord d'un mot appartenant au registre populaire, comme "bordel". Un zigoto, c’est un individu inquiétant, bizarre et qui cherche à épater, au sens de faire le malin, toujours selon le dictionnaire. En appelant ainsi François Hollande devant ses proches, comme le rapporte le JDD, Emmanuel Macron réalise le dernier échange d'un ping-pong à distance un peu pénible, entamé fin août, entre le président actuel et son prédécesseur.

L'insulte, degré zéro du dialogue. Et donc maintenant, ils dériveraient vers le registre de l’insulte. Or, le recours à l’insulte est le degré zéro du dialogue. On s’insulte quand on n’a plus envie, ou plus l’énergie pour essayer de se convaincre. Question : en quoi l’affrontement entre l’ancien chef de l’Etat et le nouveau est-il utile au débat public ? Ils n’échangent aucun argument sur le fond, ils se contentent de s’envoyer des anathèmes. "Brutal", accuse Hollande, "indécent", répond Macron et… c’est tout. Le débat de fond entre ces deux hommes n’aura pas lieu.

Enfantillages. La vie politique mérite vraiment mieux que ça. On se fiche complètement du conflit, sans doute autant affectif que politique, qui les oppose tous les deux. En mettant en scène leur bisbille, ils ne sont ni l’un ni l’autre à la hauteur du moment. Emmanuel Macron nous explique qu’il est en train de transformer de fond en comble la société française. Croyons-le, c'est une ambition considérable, terriblement importante. Du coup, on est en droit de s'interroger : quel temps a-t-il à consacrer à ce qui, franchement, s’apparente de plus en plus à des enfantillages ? Ajoutons au passage, pour ceux qui en doutaient, que la bienveillance était manifestement une posture de campagne.

Hollande doit clarifier sa position. Quant à François Hollande, s’il veut jouer un rôle dans le débat politique, qu’il le fasse pleinement. Qu’il lève l’ambiguïté, qu’il assume ! Et qu'il arrête de faire semblant de s’exprimer comme un ancien chef d’Etat alors que, et c’est son comportement qui permet de le dire, c’est bien comme un opposant politique, parmi d’autres, qu'il parle désormais.