Le départ de Florian Philippot du FN est le dernier acte de la présidentielle

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Hélène Jouan vous parle politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Le départ de Florian Philippot du Front national est le dernier soubresaut de la présidentielle.

Ça y est, c’est fini, on peut passer à autre chose. On croyait avoir tout connu avec cette présidentielle : un président empêché d’être candidat ; le candidat officiel à sa succession, qui après un score humiliant, a tiré le rideau derrière lui ; aujourd’hui, au PS, tout est à vendre, du siège à l’héritage ; une droite à qui la victoire était promise, qui mit le favori des sondages au tapis, renvoya un ex-président à ses conférences et se choisit un candidat qui de Charybde en Scylla plongea son camp, pour un moment, dans la déroute et les déchirements. Et un presque inconnu qui rafla la mise. Il est aujourd’hui président.

Inaudible pour de longs mois. Dans cette affaire, le départ de Florian Philippot met un point final à la décomposition/recomposition de cette présidentielle. L’artisan du FN social, celui qui mit en adéquation pour Marine Le Pen les vieilles lunes du parti d’extrême droite avec la nécessité d’être à l’écoute de tous ces Français fragilisés par un sentiment d’abandon, en s’appuyant sur le rejet de l’Europe pour faire accroire à cette protection, cet artisan-là parti, et Marion Maréchal-Le Pen partie également, c’est tout le Front national qui vacille. Va-t-il retourner à ses vieilles antiennes, promesse d’un recroquevillement certain, est-il en mesure de définir un nouveau corpus aussi porteur électoralement ? Marine Le Pen, surtout, est-elle capable d’inventer cette ardoise magique qui effacerait ce qu’elle a montré d’elle-même ? Elle et son parti vont consacrer de longs mois à cette lente reconstruction. En attendant, elle et son parti ne seront guère audibles pendant de longs mois.

Les fâchés de Macron n’ont plus que Mélenchon. Que reste-il de tout cela ? Il reste Macron contre Mélenchon. Emmanuel Macron et sa légitimité des urnes, Jean-Luc Mélenchon et son aura de meilleur opposant. Le départ de Florian Philippot ne pouvait mieux tomber pour lui. A quelques heures de sa démonstration de force, le leader de la France Insoumise ne s’y est pas trompé, appelant les "fâchés, ceux qui ne sont pas fachos, à le rejoindre". Alors, ils ne seront pas tous à la Bastille demain, trop tôt, trop rapide. Mais les fâchés de Macron n’ont plus que lui aujourd’hui.

Et le président de la République devrait y prendre garde, et avoir toujours en tête sa base électorale réelle, celle du premier tour de la présidentielle. Ce n’est pas en traitant de "râleurs" tous ceux qui s’inquiètent de sa politique, comme il l’a fait hier dans les rues de Marseille, qu’il convaincra de la justesse de celle-ci.