"L'Emission politique" : les prétextes de Castaner pour échapper au débat avec les autres chefs de parti

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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France 2 reçoit successivement Marine Le Pen, Olivier Faure, Christophe Castaner et Jean-Luc Mélenchon pour dresser jeudi soir le bilan de la première année de présidence d'Emmanuel Macron.

Christophe Castaner aime le coton, pas la castagne. Ça tombe bien, mardi soir le Premier ministre s’est fendu à son égard d’un bouquet de coton, pour fêter leurs noces du même nom. Un an que ces deux-là se sont rencontrés, et depuis c’est la ouate qu’ils préfèrent. En clin d’œil au petit nom dont les militants En Marche! l'on affublé, Edouard Philippe a offert un "poulet" à Christophe Castaner pour son anniversaire, lequel l’a immédiatement baptisé doudou, en lui adjoignant une poule pour qu’il ne s’ennuie point.

Seul contre tous. L'Emission politique de France 2, jeudi soir, promettait de marquer cet anniversaire de manière moins amicale. La chaîne avait proposé à l’origine un débat entre grands chefs de parti, histoire de faire le bilan de l’an un. "Niet", a répondu le patron de La République en marche!, laissant accroire d’abord que Jean-Luc Mélenchon avait lui-même refusé, et qu'il se refusait du coup à être le faire-valoir des seuls Républicains et Front national. "Faux" répond France 2, le patron de la France Insoumise, pourtant vétilleux vis-à-vis de la chaîne et de l’émission, n’a rien trouvé à redire au format proposé.

À court d'argument. "Temps de parole déséquilibré", a ensuite argué le patron du parti présidentiel, seul à représenter la majorité contre toutes les oppositions. Et puis finalement, il a proposé d’y envoyer quelqu’un d’autre. Exit l’argument du temps de parole. Tiens, au hasard, Laetitia Avia, député de son parti, mais objectivement un peu "bleue" médiatiquement parlant. Évidemment, les autres ont refusé. Marine le Pen est tout de même l’une des deux finalistes du second tour de la présidentielle. Un affront pour elle.

Pour Christophe Castaner, le seul contre tous n’avait pourtant pas que des inconvénients : il aurait pu se gausser des discours étrangement proches de Laurent Wauquiez et de Marine le Pen et questionner le premier sur son utilité, il aurait pu s’amuser aussi de l’alliance objective des extrêmes. Son refus d’obstacle ne fait que leur fournir des arguments.

Pas de débatStress, manque de courage  face à des femmes et hommes rompus au débat politique ? L’entourage du ministre s’en défend! Véto du Palais qui marquerait un manque de confiance dans l’aptitude de Castaner à faire le job ? "Vous n’y pensez pas", répond l’Elysée, "Emmanuel Macron et lui se sont peut-être échangés des SMS, mais personne n’est sous tutelle chez nous !". Alors on s’en tiendra à l’image que ça donne : celle d’un parti peu enclin aux débats avec l’opposition. Comme si le simple fait d’avoir gagné le match, il y a un an, lui donnait quitus pour les quatre ans à venir. Un peu court en démocratie.