Anne Hidalgo, celle qu'on adore détester

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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La maire de Paris est la cible de toutes les attaques venues de la droite et de l'extrême droite. Et pâtit du fait que toutes les grandes figures socialistes clivantes ont disparu du paysage politique.

Anne Hidalgo est-elle en difficulté à Paris ? Une petite musique est en train de s'installer. Et, avec elle, l'idée que Paris est à prendre pour les prochaines municipales, en 2020. Preuve en est avec quelques titres de la presse d'opinion du week-end dernier : "Embouteillages, propreté, logement : Anne Hidalgo, l’échec", titre Le Figaro. "Intempéries, le mensonge d'Anne Hidalgo", balance  Valeurs Actuelles. Bref, Anne Hidalgo est devenue la cible favorite de la droite et de l’extrême droite.

Baisse sondagière à relativiser. Mais la maire de Paris dévisse aussi dans son camp. La semaine dernière, un sondage Elabe ne lui accordait plus que 18% d’opinions favorables. Une forte baisse sur les six derniers mois, mais d'un point seulement par rapport au sondage précédent. Et c’est effectivement dans sa propre famille des sympathisants de gauche qu'elle chute le plus sévèrement. Toutefois, dans le même baromètre politique, le président perdait lui-même quatre points, et son premier ministre trois. De quoi relativiser pour l’entourage de la maire de Paris, qui souligne qu'il s'agit de sondages nationaux, quand c'est bien la seule opinion des parisiens qui compte. Et qu'en l’état, les dernières enquêtes donnent encore près d'un parisien sur deux satisfait de son action, soit beaucoup plus que son score du premier tour en 2014.


Vide intersidéral à gauche. En réalité, l'édile de la capitale est victime du vide intersidéral qui règne à gauche. Les grandes figures socialistes sur lesquelles il était facile de créer du clivage se sont évanouies : Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem, Ségolène Royal, toutes ou presque ont disparu. Martine Aubry elle-même se fait fort discrète à Lille, tandis que Manuel Valls est sorti des rangs et que François Hollande ne parle même plus. Anne Hidalgo reste donc la dernière cible pour une droite désireuse de réinvestir le combat politique. La "reine des bobos" contre les défenseurs des classes moyennes et populaires, c'est exactement la confrontation que veut installer au niveau national Laurent Wauquiez. Logement, propreté de sa ville, façon très punitive d'envisager la lutte contre la voiture à Paris : tout cela peut prêter le flanc à la critique.

Projet alternatif. Mais le paradoxe, c'est que la droite parisienne vote nombre de résolutions de la maire en place. Le plan vélo, en 2015, comme le plan Climat, en novembre dernier, ont été adoptés à l'unanimité au Conseil de Paris. Aujourd'hui la seule survivante du cataclysme électoral de la gauche au printemps dernier est sans nul doute la femme à abattre pour la droite et pour la République en marche!. Mais la grande difficulté va être pour les uns et les autres de construire un projet alternatif. Projet qui ne saurait passer par un retour des voitures ou un relâchement de la lutte contre la pollution.