Les tensions raciales au cœur de la campagne américaine

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En route pour la Maison-Blanche est une chronique de l'émission Europe soir
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Après la mort de deux Afro-Américains en quelques jours, les tensions raciales sont au cœur de la campagne et obligent Trump à faire des contorsions.

Après le terrorisme le week-end dernier, ce sont désormais les tensions raciales qui font irruption dans la campagne et qui obligent les deux candidats à réagir. Il y a Charlotte, mais il y a aussi eu cette semaine une autre mort troublante, qui a été filmée : un homme Noir tué alors qu’il semblait ne poser aucune menace à Tulsa en Oklahoma. Et même Donald Trump, qui s’est toujours placé du côté de la police, a admis que ce drame posait des questions. 

Donald Trump obligé de faire des contorsions. "Je dois vous dire, j’ai regardé la vidéo de l’incident à Tulsa… cet homme est allé à sa voiture, les mains en l’air. Pour moi il a l’air d’avoir fait tout ce qu’il avait à faire et cette jeune policière, je ne sais pas à quoi elle pensait, mais je suis très troublé.  A-t-elle eu peur ? A-t-elle craqué ?" Mais Donald Trump, qui se pose constamment en candidat de la loi et l’ordre, est obligé de faire des contorsions. Il dit dans le même temps qu’il veut le retour des fouilles au hasard par la police, technique dite du "stop and frisk", "arrêter et fouiller", très critiquée car dans les faits, ce sont toujours les noirs et les latinos qui sont visés. Cette mesure ne ferait qu’envenimer les choses répond le camp Clinton. La candidate démocrate, elle, a promis d’imposer des pratiques plus strictes aux policiers et de restaurer le lien de confiance avec la population.

Un premier débat très attendu. Le sujet sera sans nul doute abordé lors du premier débat télévisé lundi prochain. Un débat très attendu. On peut d’ailleurs difficilement zapper à la télévision sans tomber sur l’annonce de ce grand moment à venir.  Et pour cause, il sera suivi par des dizaines de millions de téléspectateurs. Il devrait être le plus regardé de l’histoire. Et les médias donnent les moindres détails des préparatifs des candidats. Hillary Clinton ne fait que ça, elle ne fait pas campagne ces jours-ci. Elle a du travail car, selon la presse, elle s’entraîne pour faire face à plusieurs Trump : un Trump assagi et discipliné et un Trump en "roue-libre". De son côté, le milliardaire continue d’enchaîner les meetings et, dit-il, fait confiance à ses qualités naturelles de débatteur.

Un sujet fait le bonheur des émissions satiriques du soir et par exemple, de l’humoriste Stephen Colbert, sur CBS. "Pour se préparer au débat, Trump a partagé sur internet une enquête en ligne qui demande aux électeurs de peser sur les questions importantes, ça va de ‘sur quels sont les sujets Trump doit-il se concentrer ? ’à ‘doit-il dire Hillary la pourrie’ au débat comme dans ses meetings ?’. Il va lire ce sondage en ligne pour décider ce qu’il va dire sur le plateau. Alors voilà ce que j’attends de vous : répondez à l’enquête ! Mettez quelque chose que vous voulez vraiment entendre dans la bouche de Trump comme : ‘je vais publier mes feuilles d’impôts’, ‘je ne suis pas vraiment un milliardaire’ ou "le derrière de Poutine a le goût de la barbapapa’ (rires)"

La question du jour.Question posée par Hillary Clinton elle-même. Pourquoi n’a-t-elle pas 50 points d’avance dans les sondages avec un tel adversaire ? La réponse de Donald Trump ne s’est pas fait attendre : "c’est parce qu’elle est effroyable. Tout ce qu’elle fait est mauvais". Ça promet pour le débat de lundi…