L’affaire des e-mails d’Hillary Clinton peut-elle relancer Donald Trump ?

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En route pour la Maison-Blanche est une chronique de l'émission Europe soir
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A quelques jours de l'élection présidentielle, ce nouveau rebondissement fragilise la candidate démocrate et relance un Donald Trump que beaucoup voyaient déjà battus.

On croyait avoir tout vu dans cette élection… mais non ! Dernier rebondissement en date, le FBI dit avoir trouvé de nouveaux e-mails embarrassants pour Hillary Clinton. De quoi chambouler la campagne, alors que l’élection est dans 8 jours. Ce serait le scénario d’une série télé qu’on y croirait pas. Hillary Clinton qui surfait sur les bons sondages, qui imaginait déjà son futur gouvernement, qui essayait même d’aider les démocrates à regagner des sièges au Sénat… Tout ça balayé par une simple lettre du directeur du FBI vendredi après-midi.

Une "négligence" de Clinton. Petit retour en arrière. Quand elle dirigeait la diplomatie américaine, Hillary Clinton a utilisé un serveur de messagerie privé, installé chez elle. C’est interdit car il peut être piraté et cela met en danger la sécurité nationale. Le FBI a épluché ses emails et a conclu cet été qu’il y avait eu "négligence" mais pas matière à poursuivre. Fin de l’histoire. Mais si les emails resurgissent aujourd’hui, c’est à cause d’un homme qui a la fâcheuse manie d’envoyer des photos de son entrejambe à des jeunes filles via Internet. Il s’appelle Anthony Weiner, ancien député, et mari de la plus proche conseillère d’Hillary Clinton, qui a depuis annoncé leur séparation. Comme il a envoyé des "sextos" à une mineure, le FBI s’est mis à enquêter sur lui, a saisi un de ses ordinateurs, et est tombé sur des emails visiblement liés à sa femme et au département d’État.

Donald Trump en profite. Le problème, c’est qu’on ne sait pas ce qu’il y a dans ces emails. Si ça se trouve, rien de neuf, ça peut être des copies des emails déjà examinés par le FBI, on ne le saura peut-être pas avant l’élection. Mais évidemment les conséquences politiques sont déjà terribles. Pour Donald Trump, c’est même inespéré. Il était donné pour mort politiquement, le voila revenu des enfers - juste à temps pour Halloween. Dans les trois ou quatre meetings qu’il fait par jour, Donald Trump exulte et ne parle que de ça : "Alors maintenant le FBI a trouvé, vous n’allez pas le croire, ça vient juste de tomber. Ils ont trouvé 650 000 nouveaux emails ! Je pense que c’est le filon principal, je pense qu’ils les ont tous trouvés !". Hillary Clinton se défend par l’attaque, et adopte à son tour la théorie du complot, thème favori de son adversaire : cette révélation du FBI est très étrange, à quelques jours du vote, et ils ne donnent pas assez d’infos. 

Clinton veut une large participation. Comme c’est Halloween, Hillary Clinton joue la tactique de la peur : Donald Trump peut être élu à cause de ce qu’elle appelle cette "distraction" : "Voilà sa stratégie pour gagner : faire en sorte que les femmes restent à la maison, que les jeunes restent à la maison, que les gens de couleur restent à la maison. C’est sa campagne de la terre brûlée, et ça va à l’encontre de tous nos principes. Vous savez comment faire pour l’arrêter ? Par une participation record, la plus grande de l’histoire américaine !". Hillary Clinton a peur que la conséquence de cette histoire ce soit justement une démobilisation d’électeurs démocrates déjà pas tellement enthousiastes. C’est d’ailleurs pour ça que Barack Obama a enfilé le costume du sauveur : il va désormais faire campagne tous les jours !

Halloween inspiré par l'élection. Par ailleurs, la campagne américaine inspire les célébrités pour Halloween. A commencer par la chanteuse Kate Perry, l’une des stars les plus impliquées dans la campagne Clinton. Pour Halloween, elle s’est déguisée en Hillary, avec masque, perruque et tailleur rouge.

Et ça inspire même les décorations d’Halloween qui sont presque une religion ici. Je vais vous emmener dans mon quartier par exemple, à Brooklyn. Il y a des citrouilles bien sûr, des araignées géantes accrochées sur les façades, des spectres fluorescents qui pendent des arbres, et il y a l’installation de Douglas Gray : un squelette avec des chaussettes Trump dans une poubelle, et aussi les fantômes d’anciens présidents américains : "Là on a Ronald Reagan, un squelette avec des cheveux noirs, qui se retourne dans sa tombe en voyant ce que devient le parti qu’il avait revitalisé. Là bas on a Abraham Lincoln qui était le tout 1er candidat républicain, qui a fondé le parti, il a un haut-de forme noire et sa barbe grise. Lui aussi serait totalement choqué par le manque de tolérance chez les Républicains. Et c’est lui aussi un squelette qui tourne au-dessus de son propre cercueil".

Le chiffre du jour : 650 millions. C’est le nombre d’étrangers qu’Hillary Clinton laisserait entrer aux États-Unis en une semaine si elle est élu. C’est Donald Trump qui l’a dit hier. Oui, ça triplerait la population du pays ! Et je termine en vous livrant cette réflexion que j’ai lue sur l’écriteau d’un café à coté de chez moi : "Avant c’était Halloween le jour le plus effrayant de l’année, désormais c’est le jour de l’élection".