La guerre froide sans dessus dessous

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En route pour la Maison-Blanche est une chronique de l'émission Europe soir
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Donald Trump qui ne tarit pas d'éloges envers Vladimir Poutine a de quoi bouleverser tous les Républicains qui se sont battus contre les Soviétiques.

Alors hier vous nous annonciez la première émission de télévision entre Trump et Clinton. Ils ont répondu séparément à des questions de défense et de politique étrangère. Comment ça s’est passé ?

Pour résumer Hillary Clinton a dit "j’ai une grande expérience pour ces décisions stratégiques" et Donald Trump a répondu "ça fait 30 ans qu’elle est là, il faut du changement". Clinton a fait valoir ses années notamment de chef de la diplomatie, "j’étais avec le Président dans la War Room pour décider d’éliminer Ben Laden", mais elle a du se défendre contre sa légèreté dans l’utilisation d’une messagerie privée quand elle était justement Secrétaire d’Etat. Trump n’a pas cette expérience mais, dit-il, il a fait du business dans le monde entier, et ça l’a préparé à conduire les affaires du monde. Ce que commentent beaucoup aujourd’hui les médias américains, ce sont ces déclarations élogieuses du milliardaire à propos du président russe Vladimir Poutine. Ces déclarations font réagir bien sûr. En premier lieu son adversaire démocrate : Hillary Clinton qui tenait une conférence de presse tout à l’heure, une première depuis des mois.

Alors que les relations sont très tendues en ce moment avec la Russie, Trump qui préfère Poutine à Obama, ça ne passe pas.

Ce n’est pas seulement anti-patriotique et insultant... c’est effrayant ! Cela veut dire qu’il laissera Poutine faire tout ce qu’il veut. J’imagine tous les anciens présidents en train de se regarder totalement abasourdis. Que dirait Ronald Reagan d’un candidat républicain qui attaque les généraux américains, et dresse des louanges à un président russe ? Je crois qu’on connaît la réponse. - Hilary Clinton

Parfum de guerre froide. Hillary Clinton qui fait sortir de sa tombe Ronald Reagan, le président républicain par excellence, telle la Statue du Commandeur, pour condamner la "poutinophilie" de Donald Trump

Décidément les questions internationales dominent la campagne en ce moment. De quoi livrer un moment assez embarrassant ce matin en direct à la télévision.

Gary Johnson c’est le troisième homme de la campagne, le candidat du Parti Libertarien qui est crédité d’environ 10% dans les sondages. Il espère séduire des électeurs dégoutés par les deux principaux candidats. Sauf qu’il ferait mieux de réviser un peu avant d’aller en direct dans la matinale télé de la chaine d’infos MSNBC.


Journaliste : Que feriez-vous pour Alep si vous êtes élu ?

Gary Johnson : Pour ?

J. : Alep

G. J. : Et c’est quoi Alep ???

J. : Vous plaisantez ?

G. J. : Non.

J. : Alep c’est en Syrie, c’est l’épicentre de la crise des réfugiés...

G. J. : Ah ok, oui, ça y est je vois.

C’est très embarrassant, terrible pour sa campagne, il se disqualifie tout seul. Depuis les medias et les réseaux sociaux se déchainent. "C'est quoi alep ?", la chaine NBC a répondu avec une photo d’enfants syriens dans les ruines : "Alep, c’est ça, Monsieur Johnson."