Etats-Unis : une présidentielle et des référendums

  • A
  • A
En route pour la Maison-Blanche est une chronique de l'émission Europe soir
Partagez sur :

Sur le même bulletin que celui permettant de choisir entre Clinton et Trump, les électeurs de chaque Etat votent pour de nombreuses autres questions.

Ça y est, la "Election Day" est arrivée ! Les Américains votent mardi. Pour ce dernier journal de campagne, retour sur une électrice un peu spéciale que nous avons pu rencontrer. Elle s’appelle Geraldine Emmet, elle a 102 ans et quand elle est née, les femmes n'avaient pas le droit de vote aux Etats-Unis. Nous l’avons rencontré à Philadelphie cet été à la convention démocrate. Elle était déléguée de son Etat de l’Arizona, où elle a voté en avance il y a quelques jours. Très alerte, toujours souriante, un badge Hillary sur son chandail, féministe avant l’heure, la centenaire espère ce soir voir élire la première femme présidente des Etats-Unis. "J’ai demandé à Dieu de me laisser vivre pour pouvoir arriver à ce moment ! Et je crois qu’il a dit OK ! Maintenant, je veux vivre pour pouvoir aller à la prestation de serment, je n’arrête pas de demander à Dieu cette dernière faveur".

Les Unes de la presse. "Faire l’histoire ou bouleverser le système", voilà le choix des Américains titre le New York Times. Beaucoup moins subtil, le New York Post, un tabloïd, met à sa Une une photo d’une femme qui se bouche le nez, avec cette instruction : "votez pour le candidat que vous détestez le moins".


Des élections locales au même moment. Et même si tous les yeux sont tournés vers Hillary Clinton et Donald Trump il n’y a pas que Trump ou Clinton sur le bulletin de vote. Il y a beaucoup d’autres choix à faire. Les choix varient selon les Etats, mais le bulletin ressemble souvent à une grande page recto-verso, avec des lignes à remplir pour élire le gouverneur, le sénateur, les chambres locales, le shériff, les juges… Il y a donc eu des tas de petites campagnes locales avec leurs propres publicités politiques, et parfois des pépites. Dans un petit film, on voit par exemple un candidat au Texas pour un poste municipal saouler toute sa famille et ses amis avec ses chiffres et ses idées pour, je cite, "arranger les choses". "Il n’a pas d’autre hobby", explique sa femme qui finit par se tourner vers la caméra avec un regard implorant : "s’il vous plait, réélisez Gérald, s’il vous plait".

Et puis il y a ce candidat au Sénat dans le Missouri, un démocrate, attaqué, comme d’habitude, par son opposant républicain parce que soi-disant il voudrait priver les Américains du droit de porter une arme, le fameux 2nd amendement. Alors Jason Kander a fait un clip de campagne où on le voit les yeux bandés, en train d’assembler les pièces d’un fusil d’assaut en 23 secondes, le temps de délivrer son message : "A l’armée, j’ai appris à utiliser et respecter mon fusil et je soutiens aussi les contrôles pour éviter que des terroristes mettent la main cette arme. J’approuve ce message et j’aimerais voir mon adversaire républicain faire pareil que moi".

De nombreux référendums. Et puis il faut aussi se prononcer sur des référendums, très différents en fonction des Etats : Faut-il interdire la peine de mort en Californie ou la rétablir au Nebraska ? Augmenter le salaire minimum en Arizona ? Ou bien le baisser dans le Dakota du Sud ? Ou encore : faut-il imposer les préservatifs dans les films X tournés en Californie ?

Le musée des perdants attend son nouveau membre. Mais, malgré toutes ses questions, c’est bien le résultat de la présidentielle que tous les Américains attendent. Et il y a un endroit aux Etats-Unis où l’on va surtout regarder qui est le perdant, ou la perdante. C’est à Norton, une petite ville du Kansas où il y a un "Musée des perdants de la présidentielle". Ils ont tous leurs portraits, alignés sur les murs. Qui viendra s’ajouter aux deux derniers, Mitt Romney et John McCain ? Le propriétaire du musée aimerait bien une femme, ça serait la première. Et si c’est Donald Trump, il l’accrochera, même si Trump refuse de reconnaître sa défaite, comme il l’a laissé entendre.


La phrase du jour. "Voter pour Donald Trump, c’est comme me demander de prendre le volant", une phrase signée Stevie Wonder, le musicien aveugle. On peut sans aucun doute l’élire phrase de la campagne !