Dans le Wisconsin, Donald Trump chasse sur les terres démocrates

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En route pour la Maison-Blanche est une chronique de l'émission Europe soir
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Revigoré par la nouvelle affaire des emails d'Hillary Clinton, Donald Trump tente le tout pour le tout dans les États démocrates.

J-7 avant la présidentielle américaine, on entre dans la dernière semaine, et ce soir on part pour le Wiscconsin, tout au Nord des États-Unis, dans la région des Grands lacs. C’est là-bas que Donald Trump a fait campagne aujourd’hui, précisément à Eau Claire. Un nom français, ici on dit O’Clare, parce qu’il y a des rivières tout autour. Mais ce qui a un peu interloqué les commentateurs politiques, ces derniers jours, c’est cette question : "Que vient donc faire Donald Trump dans le Wisconsin ?".

Trump pas le bienvenu dans le Wisconsin. Parce que le Wisconsin n’est pas un "swing state", un de ces États où les candidats défilent parce que c’est serré. Le Wisconsin, c’est un État démocrate, toujours classé en bleu par les sondeurs sur les cartes électorales. A Eau Claire, les habitants ont voté Obama à 60% en 2008 et 56% en 2012. Le Wisconsin n’a pas voté pour un président républicain depuis Ronald Reagan ! Hillary Clinton y aurait 6 points d’avance. Sondage confirmé sur le parking du supermarché : personne n'a envie de voter pour Trump. Exemple avec Sherin : "Je n'irai pas au meeting ce soir. Donald Trump est bien trop dangereux pour notre pays. Les gens se demandent pourquoi il essaye de de retourner le Wisconsin. Il n'y a aucun panneau pour lui dans les jardins. Je ne connais personne qui va voter pour lui. Ici, c'est plutôt démocrate".

Trump doit gagner les "swing states". La présence de Trump dans le Wisconsin ressemble à une tentative désespérée mais il n’a pas le choix, il est obligé de chasser en terres démocrates. Pour comprendre il faut faire des mathématiques. Le résultat de l'élection dépend du poids de chaque État que l’on remporte. Trump a tellement de retard qu’il doit gagner impérativement tous les swing states, les États très serrés : la Floride, la Caroline du Nord, l’Ohio… Mais ça ne lui suffira pas, pour gagner il doit en plus piquer un État aux démocrates. Du coup, cela fait trois jours qu’il fait campagne dans des États bleus, même ceux réputés imprenables par les sondeurs : le Nouveau-Mexique, le Michigan où il a tenté de draguer les afro-américains, un électorat massivement démocrate... Et aujourd’hui cette petite ville rurale dans le Wisconsin. Trump y met des moyens, il vient d’annoncer qu’il va lancer des pubs télé dans ces États qu’il ne visait pas jusque-là.

Hillary Clinton fragilisée. Pendant ce temps, Hillary Clinton tente de rebondir, engluée dans l’affaire des emails qui continue d’empoisonner sa campagne. Surtout qu’un sondage national place, pour la première fois, Trump devant elle et fait figure de sonnette d’alarme. Attention à ce que cette affaire ne démobilise pas les électeurs démocrates. Alors le camp Clinton lance la campagne de la peur ! "Attention si vous prenez le risque d’une victoire de Trump, vous prenez le risque d’une guerre nucléaire", avance Hillary Clinton. Rien que ça !

Menace nucléaire. Dans une nouvelle pub lancée à la télé aujourd’hui, elle ressort des images d’un spot à l’époque de Lyndon Johnson, en 1964 en pleine guerre froide. On y une petite fille qui compte les pétales d’une fleur, interrompue par une explosion nucléaire. Petite fille qu'Hillary a retrouvée et qui supporte la candidate démocrate : "Cette peur de la guerre nucléaire que nous avions en 1964, je ne pensais pas que nos enfants pourraient la revivre. C'est effrayant !". Et ce spot ressort les déclarations de Trump qui, au cours de cette campagne, a quand même dit que la Corée du Sud, le Japon et même l’Arabie Saoudite devraient avoir l’arme nucléaire pour se défendre eux même !

Obama cède son compte Twitter. Direction la Maison Blanche maintenant, où la transition se prépare déjà ! Ce n’est pas pour tout de suite, Barack Obama ne quittera le bureau ovale que le 20 janvier prochain, mais on prépare déjà l’après. Il n’y a pas que des cartons et des dossiers, il y a aussi les réseaux sociaux ! Que va faire Barack Obama par exemple, des 11 millions de followers de son compte Twitter officiel ? Et bien il va les offrir à son successeur, quel qu’il soit. Ce compte c’est @POTUS, "President of the United States". Le 20 janvier il sera vidé de tous ses tweets et les messages seront conservés dans les archives de la Maison-Blanche. Mais le compte restera actif pour le nouveau président.

On prépare aussi la victoire : côté Hillary, on a déjà commandé les feux d’artifice pour un show sur l’Hudson River, le long de Manhattan. Les autorisations ont été demandées mais c’était avant l’affaire des emails.