Attouchements sexuels : plusieurs femmes accusent Donald Trump

  • A
  • A
En route pour la Maison-Blanche est une chronique de l'émission Europe soir
Partagez sur :

Le candidat républicain est de nouveau sous le feu des projecteurs pour ces gestes inappropriés sur les femmes.

Certains pensaient que la campagne à la présidentielle américaine avait touché le fond avec la vidéo des propos obscènes de Donald Trump, mais non. Désormais des femmes l’accusent d’attouchements sexuels.

Cinq femmes accusent Trump. Elles sont au moins cinq et la plupart disent sortir du silence après avoir entendu Donald Trump lors du débat avec Clinton. Il assurait que ses propos sexistes n’étaient que des paroles, pas des actes après qu’on l’ait entendu dans une vidéo se vanter d’embrasser des femmes directement sans leur consentement, et, je cite, de les attraper par leur sexe (avec un mot bien plus cru).

C’est exactement ce qu’il nous a fait, accusent ces femmes. Il y a ces deux témoignages d’abord dans le New York Times qui font la une partout depuis leur publication. Jessica Leeds, une femme d’affaire de 74 ans raconte sa rencontre avec Donald Trump dans un avion, il y a près de 40 ans. Assis côte à côte en première classe, dit-elle, le milliardaire soulève l’accoudoir et se rapproche. "Ça été un choc quand d’un seul coup ses mains étaient partout sur moi, il était comme une pieuvre, comme s’il avait six bras. Je pense que je n’ai rien dit pendant des années parce qu’on nous faisait comprendre que c’était notre faute. J’ai commencé à raconter mon histoire il y a un an et demi quand Trump s’est lancé dans la course à la présidence et j’ai commencé à dire à mes amis : ‘laissez-moi vous dire qui est vraiment ce type’". Deux autres femmes racontent des baisers forcés. Une autre, journaliste pour un magazine people révèle comment il l’a plaquée contre un mur dans sa maison en Floride.

Une nouvelle vidéo. En plus de ces enregistrements embarrassants où le candidat républicain se vante d’entrer dans les vestiaires des filles dans ses concours de beauté, ce que confirment plusieurs anciennes Miss qui témoignent à la télé, une vidéo où on l’entend parler d’une fillette de 10 ans a aussi refait surface. Il dit en plaisantant "je sortirai avec elle dans 10 ans". Et ce n’est pas fini… Le premier producteur de son émission de télé-réalité dit qu’il y a des enregistrements bien pires encore.

De son côté, Donald Trump est comme un enragé. Il a hurlé au téléphone sur la journaliste du New York Times, la traitant de "répugnante". Il nie toutes ces histoires, des "fictions", destinées à l’assassiner politiquement et va porter plainte. Ses porte-paroles sont partout sur les télés pour tenter d’éteindre l’incendie quitte à, encore une fois, utiliser des arguments improbables. Par exemple : "il n’y avait pas d’accoudoir amovibles dans les avions en 1978, donc l’histoire de cette femme est fausse". Mais, il va falloir trouver mieux.

WikiLeaks publie les mails de Clinton. Dans cette campagne nous n’entendons presque plus que le bruit des casseroles. Et si Trump est bien servi, Hillary Clinton doit elle aussi faire face à des révélations embarrassantes, sa campagne est comme mise à nu. Tous les jours, WikiLeaks publie des emails internes à son équipe. Le site dit en avoir piraté 50.000 et annonce qu’il va les distiller jusqu’au vote. Ce n’est pas le coup de massue des scandales Trump mais cela ressemble à un poison au goutte-à-goutte. Dans ces échanges, on apprend comment Clinton adapte ses convictions au gré de l’opinion ou comment elle se "sent déconnectée de l’Américain moyen" avec toute sa fortune. Pour le moment rien de mortel pour sa campagne et les affaires de Trump écrasent tout, mais on commence à sentir la nervosité de son camp qui accuse la Russie d’être derrière ces piratages. Moscou voudrait influencer l’élection en faveur de Donald Trump.

Et cette ambiance a des conséquences inattendues, notamment sur l’humeur de Robert De Niro. Dans une vidéo postée il y a quelques jours, on dirait que le célébrissime acteur répète une scène inédite de Taxi Driver devant sa glace. Sujet de sa colère : Donald Trump. "Il est franchement si stupide. C’est un nul, c’est un chien, c’est un porc, c’est un escroc, un clébard qui ne sait pas ce qu’il dit, il ne paye pas ses impôts, c’est un idiot, c’est un embarras pour ce pays. Ça me rend tellement furieux que ce pays en soit arrivé au point de mettre cet imbécile, ce clown là où il est. Il dit qu’il veut frapper des gens en pleine tête, ok, moi aussi j’aimerais lui mettre mon poing dans la figure".