Après l'élection de Donald Trump, certains Américains dans la rue

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En route pour la Maison-Blanche est une chronique de l'émission Europe soir
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Certains Américains sont descendus dans les rues pour protester contre l'élection de Donald Trump dans plusieurs villes du pays.

C’est le début de l’ère Trump. Et si celui qui sera bientôt président des Etats-Unis vient de visiter son futur bureau à la Maison-Blanche, tous les Américains ne sont pas encore prêts à l’accepter. Depuis mercredi, certains le disent bruyamment en descendant dans la rue. "Il n’est pas mon président", ou "Trump va-t-en"… Ces cris ont résonné dans les rues de 25 villes la nuit dernière aux Etats-Unis. A Los Angeles, Chicago, Philadelphie, ou encore à New York où étaient réunis plusieurs milliers de personnes en bas de la Trump Tower, sous les fenêtres du milliardaire-président.

Les Américains dans les rues. "Nous voulons montrer au monde que nous ne sommes pas tous des nazes en Amérique. Je suis vraiment inquiète pour mes amis gays, mes amis musulmans, et mes amis noirs", lance une femme. "Il a quatre ans à gouverner et il va devoir faire avec nous pendant quatre ans, il a intérêt à nous écouter", explique un homme. Avec ces inconnus, il y avait aussi Madonna, Lady Gaga ou l’acteur Mark Ruffalo. Ce sont, pour beaucoup, des militants de gauche qui sont descendus dans la rue. Ce n’est pas un vaste mouvement de contestation, mais leur argument principal c’est qu’Hillary Clinton a gagné le vote populaire. Et il est vrai qu’il y a plus d’Américains qui ont voté pour la démocrate que pour le républicain. Mais il a gagné plus d’Etats, et c’est ça qui compte. Lui le candidat anti-système a été élu grâce au système électoral.

Parmi les protestations, on a vu l’apparition d’un mouvement appelé "Calexit" pour la sécession de la Californie, son Brexit à elle. L’Etat le plus peuplé, ultra majoritairement démocrate a fait de ce #Calexit une tendance sur les réseaux sociaux. Sur Internet aussi, on a vu un pic dans les recherches Google des mots "immigration et Nouvelle-Zélande".

Faible mobilisation des minorités. Mais ces protestataires n’ont pas gagné, ce sont les Trumpistes, qui, eux se sont fait entendre dans les urnes. Et pour comprendre ce qu’il s’est passé, évidemment les médias vont à la rencontre de ces électeurs qui, eux, savourent leur victoire. C’est le cas d’un reportage télé dans le Michigan rural. Ce sont régions qui ont fait gagner Donald Trump. Il a réussi à mobiliser comme jamais les électeurs Blancs, sans diplômes. Eux se sont déplacés en masse. Contrairement aux Noirs, aux Latinos, aux jeunes, aux femmes diplômées qui se sont moins mobilisés pour Hillary Clinton. Dans ces catégories d’électeurs, elle a eu moins de voix que Barack Obama il y a quatre ans, la conjonction de ces deux tendances a fait le reste. Et tout s’est finalement joué à peu de choses. Selon le meilleur site d’analyses, à 2% prêt c’est Hillary Clinton qui était élu, et les sondages auraient eu raison dans 49 Etats sur 50.

Les médias font leur mea-culpa. Ce scénario que les médias n’avaient pas ou ne voulaient pas voir venir pousse la presse à faire son mea-culpa. Des explications, de l’autoflagellation aussi, alors que le phénomène Trump avait été largement décrit. Même les humoristes des late-show ont leur introspection. En retombant évidemment sur leurs pieds, comme le très caustique Seth Meyers, sur NBC. "J’ai eu tort à son sujet, à chaque étape. Au début quand il est descendu de l’escalator de la Trump Tower pour dire qu’il était candidat, j’ai dit ici que c’était un coup de pub et qu’il ne ferait jamais vraiment campagne, puis j’ai dit qu’il ne gagnerait jamais les primaires républicaines et je n’ai jamais pensé qu’il pourrait être notre prochain président. Mais la bonne nouvelle c’est que si on se base sur ce schéma où j’ai tort sur toutes mes prédictions à propos de Trump, alors il sera probablement un putain de bon président". Pour les humoristes, c’est finalement plutôt une bonne nouvelle cette élection, ils vont avoir de la matière à sketches pour 4 ans.

Le dessin du jour. Il est à retrouver dans le New Yorker. Dans un champ, deux moutons regardent une affiche électorale du Loup en costume cravate. Son slogan : "je vais vous manger". L’un des moutons dit à l’autre : "au moins lui il dit les choses telles qu’elles sont".