Turquie : des professeurs allemands à Istanbul interdits de fêter Noël

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Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Des professeurs allemands d'une université d'Istanbul ont été interdits par les autorités turques de fêter Noël.

Dans la presse internationale, les médias allemands sont outrés : les autorités turques viennent d’interdire à leurs professeurs, en poste à Istanbul, de célébrer Noël.

Ils n’auront pas même le droit de prononcer le mot, Noël, devant leurs étudiants. C’est ce qu’ont appris la semaine dernière la trentaine de professeurs allemands qui travaillent dans cette université d’Istanbul. Une université d’élite dont les élèves, des quartiers pauvres, sont sélectionnés pour leur excellence. Ils sont 100% turcs, ne paient rien… Mais depuis un siècle, l’université est aussi financée par l’Allemagne qui y envoie des professeurs, et permet aux élèves de venir étudier ensuite à Berlin. Un programme d’échange culturel, qui coûte 35 millions d’euros par an aux Allemand, qui vivent très mal de se voir censurer leur fête. Le mail reçu par les professeurs est très clair : leur fête est annulée, interdiction totale de parler de christianisme et de leurs traditions. Ce mouvement consterne l’opinion publique en Allemagne, et a déclenché un tonnerre de protestation dans la classe politique. Cela montre l’étendue de la folie islamiste qui souffle sur la Turquie, tempête le parti de Gauche dans le Taggespiegel. Certains considèrent sérieusement, en représailles, d’interdire les études islamiques en Allemagne.

Au-delà, c’est un énième signe de tension entre Berlin et la Turquie.

Évidemment, des tensions qui n’en finissent pas de durcir depuis le coup d’état manqué de l’été dernier, en Turquie. Les immenses purges décrétées par le président Erdogan embarrassent terriblement l’Allemagne, qui est sous pression : d’un côté, elle doute de cet allié longtemps complaisant avec Daech, les réseaux djihadistes, et qui dérive chaque semaine davantage vers une dictature islamiste. En même temps, elle a besoin de son concours pour résoudre la crise migratoire. L’accord conclu pour enrayer le flot de demandeurs d’asile arrivant de Syrie en Europe est fragile, comme le président turc le rappelle constamment, menaçant de rouvrir ses frontières, dès qu’on le contrarie. Qualifier les relations germano-turques de difficiles, est un euphémisme. On comprend qu’il n’y aura pas de trêve à Noël : Erdogan n’est plus un homme prêt au compromis.