Philippines : l’ancien dictateur Marcos pourrait être enterré dans le cimetière des héros

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Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Le nouveau président philippin, Rodrigo Duterte, veut déplacer le corps de l'ancien dictateur, Ferdinand Marcos, dans le cimetière des héros.

À Manille, le nouveau président philippin, le sulfureux Rodrigo Duterte, déclenche à nouveau les foudres des défenseurs des droits de l’homme. Il veut déplacer le corps d’un ancien dictateur, dans le cimetière des héros.

Effectivement, l’équivalent de notre panthéon. Ce n’est pas vraiment une place pour un homme qui a tué, emprisonné et torturé plus de 100.000 philippins avant de quitter le pouvoir, contraint à l’exil en 1986, après plus de 20 ans d’une terrible dictature. Ferdinand Marcos avait dès 72, instauré la loi martiale pour redresser le pays d’abord, avant de le piller à coups de corruption et de népotisme, 10 milliards de dollars s’étaient envolés des caisses de l’État. C’est lui, que le nouveau président, Rodrigo Duterte, veut célébrer en héros. La dépouille que sa famille avait pu ramener d’Hawaï où il avait fui doit être déplacée, en grande pompes dans une vingtaine de jours. Les proches de ses victimes ne peuvent le supporter et manifestent chaque jour en appelant à la Cour suprême du pays, sans succès pour l’instant, la cour n’a pas encore tranché.

Cela semble hallucinant, comment le président peut-il en faire un héros ?

Un certain nombre de Philippins regrettent certainement l’âge d’or des premières années de Marcos, celles du développement économique, des nouvelles infrastructures ou des 6% de croissance. Son fils a fait un retour en force en politique et le nouveau président n’a cessé pendant toute sa campagne de lui tresser des louanges. Le meilleur président que les Philippines aient connu, imaginez. Il faut dire que le parallèle entre les deux hommes apparaît pour beaucoup de plus en plus évident. Depuis son élection à la fin du mois de juin, les cadavres s’amoncellent dans le sillage de Duterte qui a déclaré une guerre contre la drogue : plus de 2.000 dealers et drogués ont été assassinés. On en retrouve dans les rues chaque jour, portant des pancartes les identifiant autour du cou : je suis un dealer. La police n’est pas seule responsable, Duterte a carrément appelé les citoyens à se débarrasser de la gangrène. Et comme son prédécesseur Marcos qui avait imposé la loi martiale, lui vient de décréter l’État de non-droit dans tout le pays après un attentat qui a frappé sa ville faisant 14 morts imputés à un groupe islamiste.

Dans ce contexte, honorer la mémoire d’un dictateur porte clairement un message.

Celui que la dictature, ce n’est pas un problème tant le crime sera combattu, que les plus pauvres sortiront de la misère. C’est aussi ce que promet Duterte dans son langage de chartier. Pour rappel, il avait traité le pape et Barack Obama, il y a quelques jours, de fils de pute. Grande classe !