L’Économie a peut-être son Nobel mais ce n’est pas une science !

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Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Le Guardian dénonce l'imposture du prix Nobel d'Économie qui n'en ai pas un, il s'agit du prix de la banque centrale de Suède en sciences économiques.

Dans la presse internationale, l’attribution du prix Nobel d’Économie hier qui a inspiré une tribune percutante au Guardian, dont l’un des journaliste dénonce une imposture.

Oui, une opinion rafraîchissante dans le concert de louanges qui entoure l’attribution de ce prix, qui n’est pas un prix nobel, il faut le rappeler. Non, le Nobel d’économie n’existe pas, il s’agit en fait du prix de la banque centrale de Suède en sciences économiques, qui a réussit à imposer à l’Académie en 1968, qu’il soit remis le même jour. Nobel n’en voulait pas, il considérait que l’économie n’avait rien d’une science. Il faut le rappeler, souligne le Guardian, car la confusion est perverse. Elle a permis à ses récipiendaires de se nimber d’une aura de scientificité dangereuse comme si l’économie était une science exacte. Non, l’auteur rappelle qu’on a remis le nobel, en 97, à deux financiers, Robert Merton, et Myron Scholes. À l’époque, ils étaient les Dieux de la mathématique financière moderne. On sait ce que ça a donné, ils ont créé les bases des algorithmes qui ont permis aux marchés de spéculer à outrance. Le monde leur doit beaucoup en effet, notamment en partie, la crise de 2008.

Que propose le Guardian alors, de supprimer le Nobel d’Économie ?

De le remettre à sa juste place aux côtés de la sociologie, de la psychologie ou de la politique. L’économie a des règles bien entendu, mais elle fait appel à notre jugement. Il s’agit d’une science humaine. Développer des modèles mathématiques ne donnent en rien un statut scientifique. La façon de mesurer la croissance n’est pas objective, par exemple, on choisit de ne pas y inclure le travail non-marchand. De la même façon que les travaux récompensés hier n’ont rien de scientifique. Là, c’est le Wall Street Journal qui s’en émerveille, ils ont développé une théorie du contrat, un cadre d’analyse complet de ses aspects, qui a aidé par exemple votre société d’assurance à déterminer combien elle doit vous rembourser pour vous inciter en même temps, à vous protéger du risque. Ça a passionné les entreprises mais l’apport pour le bien commun reste assez discutable. Les salaires des patrons, avec leur part variable de rémunération, s’appuient aussi sur ce modèle et on voit tout le danger qu’il y aurait à le considérer comme un modèle scientifique : payer un homme 800 SMICS, cela restera toujours un choix de société, un choix politique.