L'alcool désormais banni en Irak

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Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Une loi votée totalement par surprise par le parlement irakien dans la nuit de samedi à dimanche interdit tout : consommation, production et importation d'alcool.

Alors que le monde a les yeux rivés sur Mossoul, où l’armée irakienne et les Peshmergas kurdes tentent de reprendre la ville à Daech, le parlement en a profité pour voter une loi, qui a surpris tout le monde : l’alcool, en Irak, est maintenant banni.

Par surprise. Jusqu'alors, l’alcool n’était pas interdit en Irak. Même si la religion musulmane le proscrit, on en sert dans des bars, de nombreuses échoppes des grandes villes, à Bagdad, dans le nord où l’on produit aussi de la bière, de la vodka. Mais il faudra parler de cela au passé puisqu’une loi votée dans la nuit de samedi à dimanche, totalement par surprise, interdit tout : consommation, production, importation.

"Demain les femmes". L’alcool doit disparaître d’Irak, une initiative des conservateurs islamistes du parlement qui sont majoritaires et qui bouleverse toute une partie de la population, qui poste depuis dimanche des messages affolés sur Twitter. "Aujourd’hui, l’alcool, demain les femmes seront privées d’éducation", écrit un jeune activiste, en photo avec une bouteille de whisky. "Nul besoin de combattre, dit un militant des droits de l’homme,nos politiques sont déjà soumis à Daech."

Population musulmane à 96%. Pourtant, la loi islamique ne régit pas l’Irak et c’est bien ce qui fait polémique. La population est musulmane à 96%, mais les minorités, les chrétiens notamment, ont le quasi monopole de ces ventes d’alcool et pour eux, dont les boutiques sont régulièrement attaquées, c’est un vrai coût économique, qu’ils comptent d’ailleurs combattre devant les tribunaux.

Pas d'application dans les grands hôtels. Les défenseurs de l’interdiction s’appuient sur la Constitution, qui proscrit selon eux, toute loi en contradiction avec les préceptes de l’Islam. Ceux qui la contestent affirment qu’elle viole le droit constitutionnel à la liberté religieuse. Ils vont saisir le tribunal, et tenter de faire le maximum de bruit. Le quotidien Kitbat souligne cette hypocrisie : à l’approche d’élections, certains tentent de rallier l’électorat radical et de cacher leur corruption derrière ce voile de vertu, mais la loi ne sera pas appliquée dans les grands hôtels qui reçoivent une clientèle internationale.

Détourner l'attention. "Elle viole le principe des droits de l’homme, porte atteinte a toute une communauté", s'insurge un député yaziddi dans un autre quotidien, et détourne surtout l'attention a l’heure où un autre combat, autrement plus important contre les terroristes, est en train d’être mené.