Iran : la campagne américaine devient un instrument de campagne

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Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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La presse iranienne se délecte des polémiques entourant la campagne américaine puisqu'elles exposent, selon elle, l'étendue des crimes américains.

Dans la presse internationale, ou quand la presse iranienne se délecte des tumultes de la campagne américaine. 

Oui, avec une ironie mordante. Dans un pays ou la censure est une institution et où toutes les télévisions émettent sous contrôle du gouvernement, un certain genre de programme n’est plus censuré ces jours-ci, ce sont les débats, les polémiques et les déclarations choquantes des candidats à l’élection américaine. La télévision d’État en Iran a même diffusé, sans filtre, en direct, l’intégralité des trois débats qui ont opposé Donald Trump et Hillary Clinton. La raison, l’Ayatollah Komeinhi l’a détaillée en fin de semaine, et son argumentaire au vitriol était repris ce week-end dans la plupart des journaux. Chacun doit regarder ce spectacle qui expose l’étendue des crimes américains, leur débâcle, "l’Ayatollah". Ce qu’ils ont dit ces dernières semaines sur des sujets immoraux suffit à discréditer leur démocratie.

La campagne devient donc elle-même un instrument de propagande ? C’est un comble !

Imaginez ce que l’on a pensé en Iran en entendant cette enregistrement de Donald Trump se vantant de savoir saisir les femmes par leurs parties intimes. Car on l’a entendu, comme toutes les accusations de corruption d’Hillary Clinton, les millions de dollars reçus de l’ennemi juré, l’Arabie Saoudite, par sa fondation. L’Amérique est dépeinte, dans la presse, comme plongée dans une crise profonde. Et ses maux sont exacerbés. "Un pays qui écrase ses classes populaires, qui maltraite ses minorités, où les gens s’entretuent" décrit le Javan Online, proche du pouvoir. La campagne elle-même est décrite par les journalistes comme l’occasion de tous les excès. Pour le soir des résultats par exemple, les journalistes devront payer des milliers de dollars à la soirée d’Hillary Clinton, juste pour avoir internet. Une inflation totalement déraisonnable écrit un quotidien pour qui cela illustre la soumission à l’argent du grand Satan qui a, et c’est le moins que l’on puisse dire, perdu de sa superbe. Car, paradoxe, les iraniens se moquent, mais ils s’intéressent peu à l’issue de l’élection. Un sondage a été conduit récemment par des étudiants auprès de 1.600 iraniens et moins de 40% d’entre eux connaissaient le nom des candidats.

Alors que l’accord avec l’Iran a été au cœur de la campagne aux États-Unis ? 

Oui Donald trump promettant d’annuler l’accord sur le nucléaire et Hillary Clinton de le conserver, elle s’en est même attribué le mérite tout en maintenant les sanctions. Hillary Clinton est un meilleur pari pour la stabilité, écrit un universitaire dans le Teheran Times, quand Donald Trump pourrait mettre l’accord en péril. Mais il souligne aussi, qu’alors il serait seul, la communauté internationale soutenant la voie diplomatique. Et seul, que pourrait-il ? Ces moqueries et cette indifférence iranienne soulignent aussi une réalité, la perte d’influence des États-Unis.