Shimon Peres : un sentiment de "presque, mais pas tout a fait"

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Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Les hommages sont nombreux après la mort de Shimon Peres, la presse israélienne reflète les sentiments contrastés de la nation devant l'héritage de ce dernier titan.

Dans la presse internationale, la mort de l'ancien premier ministre israélien Shimon Peres. Israël est en deuil, ce matin.
Oui, un deuil profond, national, à la mesure de la perte que sa mort représente pour le pays. Avec Shimon Peres, c'est le dernier lien avec les pères fondateurs de l'Etat d'Israël qui disparaît, écrit ce matin le Jerusalem Post, le dernier survivant de cette génération qui avait un but, une vision pour le pays. Peres ne rêvait pas, c'était un stratège, écrit Denis Ross, dans une longue tribune. Un homme qui avait compris la nécessité pour Israël de modeler son propre environnement, d'assurer la défense du pays, en même temps que sa prééminence, scientifique, technologique pour survivre. Ross est ancien conseiller de Bill Clinton, c'est à ce titre qu'il a connu Peres, et son opinion illustre assez bien celle que l'on se fait à l'étranger. La presse internationale ce matin salue la colombe, l'artisan des accords d'Oslo, prix Nobel de la paix en 94. En Israël, les hommages sont aussi légion, mais plus contrastés.
Car Shimon Peres a longtemps, dans son pays, été mal-aimé.
Oui, Gideon Levy le souligne dans le quotidien Haaretz. Peres a toujours été, dit-il, un outsider. Né hors des frontières de l'Etat, un anti-héros en quelque sorte, en dépit de ses 70 ans de carrière politique. Un ministre de la Défense qui a armé Israël, forgé son programme nucléaire, mais n'a pas lui-même combattu, un pilier du gouvernement, de la Knesset qui a perdu toutes les élections... Un titan que les héros de sa génération n'appréciaient guère, ses relations avec Yitzhac Rabin étaient notoirement exécrables. Il voulait trop être aimé, écrit Levy, et ses efforts de paix ont échoué, car il voulait contenter tout le monde. Haaretz qui ce matin reflète ces sentiments contrastés de la nation devant l'héritage de ce dernier titan : un sentiment de "presque, mais pas tout a fait", écrit le journal. Presque un homme d'état inoubliable, presque un héros national, qui aurais pu, mais échouera sans doute à rester dans l'histoire.