Australie : des centaines de demandeurs d’asile maltraités sur l’île de Nauru

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Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Amnesty International publie un rapport dénonçant le traitement inhumain que subissent les immigrés sur l'île de Nauru en Australie.

Dans la presse internationale, ce rapport glaçant que publie Amnesty International sur le traitement inhumain qu’inflige une grande démocratie, l’Australie, à des réfugiés.

Certains passages de ce rapport sur l’île du désespoir sont insoutenables à lire. "Ce que j’ai vu, écrit l’auteur, est pire que ce qu’on imagine en Syrie, ou en Tchétchénie. L’Australie inflige délibérément un maximum de souffrance aux réfugiés, pour les dissuader de venir". Ce que ce rapport détaille, en parlant de torture caractérisée, c’est le système très dur mis en place par l’Australie, qui repousse systématiquement les bateaux de clandestins pour les envoyer dans des centres de rétention qu’elle a financés sur deux toutes petites îles, Manus, en Papouasie Nouvelle-Guinée, et Nauru, dans le pacifique. Là, ils sont traités comme des moins que rien, forcés d’attendre des années que leur dossier soit traités, quand il l’est, coincés dans ces prisons à ciel ouvert. Ils n’ont pas de visa et ne peuvent pas en sortir. Amnesty international a pu se rendre à Nauru en juillet durant cinq jours et les témoignages que l’ONG en rapporte font frémir.

Agression sexuelles et suicides ?

Effectivement, il y a le cas de cette famille qui ne peut plus sortir car on lui jette des pierres. Celui de cette jeune fille qui s’est cousue les lèvres, rendue à moitié folle par les moqueries de son gardien. Le journal The Guardian avait déjà publié de nombreux témoignages cet été, transmis par des témoins sur places. Ils faisaient état de plus de 2.000 incidents rapportés par des réfugiés depuis mai 2013 et notamment beaucoup de viols dont plus de la moitié concernaient des enfants. Le gouvernement australien l’a confirmé hier, les autorités n’ont rien fait. Seuls 14 cas ont fait l’objet d’une enquête par la police de Nauru qui n’a poursuivi qu’une personne. Il faut savoir que Nauru est une île minuscule, à peine 10.000 habitants, où sont coincés aujourd’hui 1.200 réfugiés et demandeurs d’asiles. Elle n’a absolument pas les moyens de conduire ces enquêtes.

Mais l’Australie s’en lave les mains. L’un des seuls journalistes australiens autorisés à se rendre sur l’île,l’a été parce qu’il est favorable à une politique dure contre l’immigration. Dans ses reportages, il reprend les arguments des autorités australiennes. "Ces gens mentent pour obtenir l’asile, notre politique est humaine au contraire, en bloquant les bateaux sur ces îles reculées, on empêche les migrants de mourir en mer". Les alliés de l’Australie gardent un silence total, seule l’ONU s’inquiète, elle qui sait crédibles les accusations d’Amnesty International puisqu’elle est elle-même  l’auteur d’un autre rapport. À Nauru, près d’un tiers des fillettes de moins de 15 ans sont victimes d’agressions sexuelles.