Allemagne : le parti populiste AFD veut réhabiliter un concept nazi

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SAISON 2016 - 2017

Le parti populiste allemand, AFD, crée la polémique en voulant réhabiliter le concept nazi, le "Völkish".

Dans la presse internationale, c’est un simple mot qui plonge la presse allemande dans l’émoi.

Mais quel mot, prononcé par l’égérie de la droite radicale allemande, Freuke Petry. Elle déclare dans l’édition dominicale du journal Die Welt, vouloir réhabiliter le terme Völkish, injustement associé selon elle au racisme nazi "nous devons travailler à lui rendre une connotation positive".

Pour comprendre l’indignation de la quasi-totalité de la presse allemande ce matin, il faut remonter aux origines du terme. La racine de Völkisch, volk, signifie le peuple en allemand, mais le mot lui-même va bien au-delà du concept folklorique puisqu’il désigne le caractère exceptionnel du peuple allemand, le maintient de ses traditions. Une notion qui va dériver après le 19e siècle vers l’affirmation de la supériorité de la race germanique et de la race aryenne. Un nationalisme ethnique qui sera porté aux nues évidemment par le régime nazi. Le journal du 3ème reich, l’outil central de propagande de Hilter, s’appelait d’ailleurs L’Observateur Völkish, rappelle ce matin Der Spiegel. L’idée même de réhabiliter ce terme provoque outre-Rhin, des flambées d’urticaire.

D’autant plus que Frauke Petry, qui avance cette idée, dirige un parti en passe de devenir la troisième force politique du pays. 

Oui le très droitier AFD, l’Alternative pour l’Allemagne, a renversé la semaine dernière Angela Merkel dans son fief de Mecklembourg-Pomeranie. Il est arrivée 2e à l’élection régionale, juste derrière les démocrates, en faisant campagne exclusivement sur le thème de l’immigration. Une vraie percée pour ce parti, né en 2013 sur un rejet de l’euro, et qui se positionne maintenant sur une ligne anti-immigrants particulièrement porteuse, depuis l’arrivée dans le pays l’an dernier de 1,3 million de migrants.

L’AFD siège maintenant dans neuf des 16 parlements régionaux et sa tête d’affiche, Frauke Pietry, se sent pousser des ailes. Elle n’avait jamais dérapé jusqu’alors, elle incarne plutôt le visage souriant et bourgeois du parti.

La presse s’interroge donc, faut-il y voir un durcissement des positions de l’AFD qui se tenaient à l’écart des mouvements néonazis. Une bourde qui pourrait effrayer son électorat car c’est une chose de se sentir raciste mais s’en est une autre d’admirer le führer. Elle transgresse là un tabou ultime en Allemagne. Ou est-ce simplement le signe que les références du passé sont caduques pour aborder la crise actuelle. À travers l’Europe, jusqu’aux États-Unis, cette même thématique de l’identité est en plein renouveau, mais ceux qui la portent en Allemagne devront sans doute trouver un autre mot pour porter ce projet.