Culturez-vous ! - 07/09/2017

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Culturez-vous est une chronique de l'émission Europe matin
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Nicolas Carreau partage chaque jour son coup de cœur culturel. Il nous parle jeudi du nouveau roman de Marc Dugain : "Ils vont tuer Robert Kennedy"

Le jeudi, c’est littérature. Avec vous, Nicolas Carreau. Ce matin, vous revenez sur l’assassinat de Robert Kennedy…

...Avec le roman de Marc Dugain : Ils vont tuer Robert Kennedy, chez Gallimard. Robert, Bobby, et non John. C’était le 5 juin 1968. Une nouvelle qui avait bouleversé l’Amérique. Dans le roman, on suit l’enquête d’un universitaire canadien, persuadé que la mort de ses parents est liée à l’affaire Kennedy. Il faut dire que les circonstances sont troublantes. Entre autres incongruité, son père s’est suicidé, mais son assurance vie a fonctionné et la famille indemnisée. Étrange quand même. Un père résistant qui a quitté, sans raisons apparentes, la France pour le Canada. Ce héros s’appelle Mark O’Dugain (ça s’écrit Dugain). Bien entendu, n’y voyez aucun lien avec l’écrivain Marc Dugain.
Qu’est-ce que c’est que cette musique, Nicolas ?

C’est la bande originale du film d’Oliver Stone, JFK.

Mais je croyais que l’on parlait du frère de JFK, Bobby ?

Oui ! Mais les deux affaires sont liées, selon Marc Dugain, qui s’intéresse d’abord à l’assassinat de John Kennedy. Voilà pourquoi le livre s’appelle : Ils vont tuer Robert Kennedy. Avec ce "ils" énigmatique et incertain de la conspiration et ce "ils vont", plutôt que "ils ont". Le livre revient aux sources de la mort de Robert Kennedy. Les chapitres alternent donc entre le roman, l’enquête de Mark O’Dugain et la vie de Bobby Kennedy, jusqu’au 5 juin 68. Cette partie du livre est impeccablement documentée, limpide, malgré la complexité de l’affaire.

Ce faisant, on découvre surtout la vie de Robert Kennedy, l’homme. Un homme élevé dans un mythe, celui de la famille Kennedy, mais qui ne se sent jamais à la hauteur. Qui idéalisait sa famille mais refusait, comme son père et son frère, les compromissions. Cette intégrité fera sa perte.

C’est donc un roman dont on connait la fin. Mais Marc Dugain s’autorise à donner sa version de l’histoire et sa vision de l’Amérique des années 60 qui éclaire celle d’aujourd’hui.