Claudine Cockpit, présidente du syndicat des hôtesses de l'air !

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Commandeur News est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Alors que le procès des syndicats d'Air France a débuté suite à "l'arrachage de la chemise" du DRH, Claudine Cockpit se rappelle qu'a elle aussi, on lui a arraché sa chemise.

Aujourd’hui il est question du procès de la désormais célèbre "chemise déchirée" du DRH d’Air France, qui vient de s’ouvrir.

Julie : Avec nous dans ce studio pour évoquer cette affaire, la Présidente du Syndicat des Hôtesses de l’air, Claudine Cockpit !

Claudine : Ah non, arrêtez en régie avec ce générique, à Air France on n’en peut plus ! Dès que je l’entends, j’ai les pieds qui gonflent, même si je suis au sol ! Heureusement que Julie m’a prêté ses bas de contention !

Julie : Quel est votre sentiment sur cette affaire, Claudine ?

Claudine : On va pas arrêter le pays parce que les DRH d’Air France se sont fait déchirer la chemise par la CGT. Y’a des sujets plus graves quand même, non ? Moi-même je me suis fait déchirer l’uniforme plusieurs fois, et j’ai rien dit.

Julie : C’est pas vrai ? Vous aussi, vous vous êtes fait déchirer les vêtements par un syndicaliste ?

Claudine : Non, pas par un syndicaliste, mais par le petit Kader, un  bagagiste, au -3, juste derrière le C.E. Un petit champion de karaté de Mantes la Jolie, avec lequel on a traversé quelques turbulences, si j’ose dire. On a bloqué tous les tapis à bagages d’Orly Sud pendant deux heures !

Julie : Enfin Claudine, à la base, les militants manifestaient contre un plan de licenciement de 2.900 emplois… C’est terrible !

Claudine : Ça c’est vrai Julie ! La direction est obsédée par la réduction des coûts ! Économies, économies… On est obligé de cumuler les postes. Moi heureusement que j’avais un grand-père pompiste, du coup, je sais mettre du carburant dans un Airbus.

Julie : C’est vous qui remplissez l’airbus de carburant ?

Claudine : Et plus vite que ça ! Je descends sur le tarmac, je mets le pistolet dans le réservoir avec mon bras gauche, avec ma jambe droite, je fais rentrer les bagages dans la soute, et avec ma bouche, je déchire les tickets ! "Rémi Bricka" qu’on m’appelle, "l’homme-orchestre !" Ils nous demandent même de piloter.

Julie : C’est pas vrai ?

Claudine : Oui mais moi, j’ai 2 et 3 à chaque œil, tu me donnes le manche sur un Paris Nice, je t’emmène à Moscou. Je vois tellement rien qu’une fois j’ai servi 200 rôtis de porc sur un Paris – La Mecque ! Ça a fait sursauter 2 ou 3 djellabahs, je vous le cache pas ! Ça a changé tout ça, moi quand je suis rentrée à Air France en 1964, on foutait tellement rien que c’étaient les passagers qui venaient nous réveiller, pour nous dire qu’on était arrivé !

Julie : C’est vrai que vous avez connu la grande époque d’Air France !

Claudine : Au début, pilotes et hôtesses, on était quoi cent, deux cent ? Moi je reconnaissais les fesses de tous mes collègues dans le noir ! C’est toi Bernard ? Qu’est-ce que tu fous à Rio ?  Oh bah et toi, Claudine, tu devais pas être à Agadir ?! Oh t’es con Bernard ! Oh j’avais pas vu l’heure, je me sauve, j’ai le petit Macron tout seul sur un vol, je file chez Joué Club lui acheter des crayons de couleur !