Coupe du monde de rugby : pourquoi y a-t-il des joueurs étrangers dans les équipes nationales ?

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
    c'est votre question est une chronique de l'émission Europe 1 Matin
    Partagez sur :

    MONDIAL DE RUGBY - La présence dans les équipes nationales de rugby de joueurs qui n'ont pas, au départ, la nationalité de leur pays fait débat. 

    Pour cette 8e édition de la Coupe du monde de rugby, un joueur sur cinq ne représentera pas le pays dans lequel il est né. Et oui au rugby, c'est la règle, un joueur peut sous certaines conditions représenter un autre pays que le sien. C'est le cas de toutes les nations de ce Mondial à l'exception de l'Argentine, seule équipe où tous les joueurs sont nés dans le pays. 

    • Une distinction à opérer. Mais attention, prévient Nicolas Rouyer, journaliste sportif à Europe1.fr : "Ce qui fait débat dans le rugby mondial, ce n'est pas tant le fait que certains joueurs soient nés à l'étranger (Thierry Dusautoir, le capitaine des Bleus, est né en Côte-d'Ivoire mais il a la nationalité française) que le fait que certains joueurs conservent leur nationalité" (l'équipe de France compte ainsi cinq joueurs étrangers. Trois Sud-Africains, un Néo-Zélandais et un Fidjien), nous explique Nicolas Rouyer. La France est loin d'être la seule équipe à faire appel à des joueurs étrangers. Des sélections comme le Japon, l'Angleterre et surtout la Nouvelle-Zélande ont également adopté cette politique. 

    • Les conditions. En vertu du règlement 8.1 de la Fédération internationale de rugby, un joueur étranger peut représenter un pays autre que le sien s'il y a vécu pendant au moins trois ans et à condition de ne pas avoir auparavant joué pour leur équipe d'origine. 

    • Quel intérêt ? Ces joueurs y trouvent un intérêt sportif et financier. "Certains n'auraient eu aucune chance de disputer des rencontres avec leur sélection d'origine", souligne ainsi le journaliste d'Europe1.fr. D'autres "souhaitent jouer avec l'équipe de France, une équipe plus forte où ils y trouvent un intérêt financier", ajoute Nicolas Rouyer. A l'inverse, explique BFMTV, cela permet à l'équipe de France de pallier à "des manques récurrents à certains postes, comme celui de buteur ou de pilier droit". 

    • Vers un durcissement des règles ? Ce phénomène, que certains en France notamment ont vivement critiqué, prend tellement d'ampleur que la fédération internationale de rugby entend prendre des mesures pour le contenir. La voie d'accès à une sélection nationale via le rugby à VII a déjà été durcie. "On peut aussi imaginer dans les mois ou les années à venir un durcissement des règles sur le nombre d'années de résidence nécessaires pour pourvoir évoluer dans une sélection autre que son pays d'origine", conclut Nicolas Rouyer. 

    Réalisation : Maud Descamps