Xavier Niel : son combat pour que l’Europe ne soit pas une “colonie numérique”

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Axel de tarlé vous parle économie est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Xavier Niel, le fondateur de Free, s'alarme de l'absence de grands groupes européens sur Internet.

Le Journal du Dimanche a publié une interview choc de Xavier Niel, hier.
Selon le fondateur de Free, l'Europe, c'est 25% de l'économie mondiale, mais ce n'est que 3% des valeurs internet mondiales.
De fait, on connaît tous les Google, Amazon, Facebook et Apple qui pèsent à eux quatre 2.500 milliards de dollars (2.130 milliards d'euros), soit l'équivalent du PIB de la France.
Mais à coté de ces quatre géants américains, on a exactement les mêmes en Chine car le pays leur a fermé son marché et a créé ses propres champions. On les connaît moins, ce sont les Bats.
B pour Baidu, c'est le Google chinois
A pour Alibaba, c'est le Amazon chinois.
T pour tencent, c'est le Facebook chinois.
X pour Xiaomi, c'est l'Apple chinois.
Avec des valorisations boursières du même acabit puisqu’Alibaba a même dépassé Amazon au début du mois.

Il n’y a pas d'Européen. Quelle conséquence ?

C'est clair, nous sommes une "colonie numérique". Cela veut dire quoi ?
Nos meilleurs ingénieurs vont là où ça se passe. Dans le Silicon Valley. C'est là où (par exemple) on invente la médecine de demain, la médecine prédictive, celle qui nous guérira avant de tomber malade.
Colonie Numérique, cela veut aussi dire que c'est la Silicon Valley qui dirige. Exemple : en France, l'une de nos rares réussites sur Internet s'appelle Deezer (pour écouter de la musique). Deezer n'a qu'une peur, c'est que Google développe un jour sa propre application musicale et ne finisse par évincer Deezer qui disparaîtra comme tant d'autres.

C'est terrible ! Et on ne peut rien faire ?

Deux messages d'espoirs.
Premièrement, dans l'Internet, tout va très vite et rien n'est acquis.
Exemple, aujourd'hui, sur nos téléphones portables, on n'utilise plus Google. On va directement sur son application de banque ou de météo sans passer par Google.
Ensuite, justement, c'est là où l'on peut espérer des Européens qu'ils innovent avec des applications révolutionnaires dans le transport, l'énergie ou la mobilité.
C'est tout le sens de cette fameuse Station F de Xavier Niel, cet incubateur le plus grand du monde, qui doit accueillir mille start-up.
Ce qui, espérons-le, nous permettra de revenir un peu dans la course.