Renault : un conseil d'administration pour maintenir la domination française

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Le Conseil d'Administration sous tension chez Renault est tendu. Le gouvernement s'inquiète pour l'avenir du groupe : Renault restera-t-il français ?

Le problème est simple. Dans la Grande alliance : Renault-Nissan. Ce sont les Français qui dirigent.  En l'occurrence, Carlos Ghosn. Le hic, c'est qu'en volume, les Français - Renault - ne représentent qu'à peine un tiers des ventes.

Pour l'instant, ça tient grâce à la personnalité de Carlos Ghosn, très respecté au Japon. C'est le sauveur de Nissan.

Mais, le chef n'est pas éternel (comme on dit) et la question est : Que va devenir cet empire - car aujourd'hui l'alliance - renault-Nissan-Mitsubishi est n°1 mondial de l'automobile, devant les Volkswagen, Toyota ou General Motors. Au passage - énorme coup de chapeau à Carlos Ghosn qui a fait de Renault - petit constructeur franco-français - le N°1 mondial de l'automobile.

Mais, quel est la pérennité de cet empire qui est fragile, car fait de participations croisées : Renault détient 43 % de Nissan, qui lui-même détient 34 % de Mitsubishi et Nissan détient 15 % de Renault. C'est baroque, donc, fragile. 

Peut-on imaginer un éclatement de cette alliance, que chacun retrouve son autonomie ?

Carlos Ghosn a tout fait pour rendre cette alliance indétricotable sur le plan industriel. Les deux groupes travaillent de façon totalement imbriquées. Exemple : Le Micra de Nissan est fabriquée par des ouvriers de Renault dans l'usine de Flin. Sur le plan industriel, le mariage est scellé, gravé dans le marbre. Non, le vrai risque, c'est de voir les Japonais prendre le contrôle de l'alliance. Ce qui ne serait pas illégitime. Nissan est une fois et demi plus gros que Renault.

Et donc ? Comment s'assurer que les Français restent aux manettes de cette alliance ?

C'est l'objet de ce conseil d'administration de Renault, après-demain, jeudi. Carlos Ghosn (63 ans) doit être reconduit pour un nouveau et dernier mandat de 4 ans. Sa feuille de route sera d'imaginer l'après Carlos Ghosn. Comment assurer la pérennité du camp français au sein de l'alliance.

Cela veut dire :

1/ Introniser dès maintenant un numéro deux crédible, qui pourra prendre la relève.

2/ Bétonner l'alliance, sur le plan juridique pour s'assurer que jamais Renault ne devienne une petite filiale d'un géant japonais, dirigé depuis Tokyo. Mais Que Renault sera toujours au cœur de cette alliance mondiale !  Voici le problème. Carlos Ghosn a 4 ans pour le résoudre.