Réforme de l’ISF : les fondations inquiètes de la baisse des dons

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Axel de tarlé vous parle économie est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Les Français restent généreux puisque près d'un Français sur deux déclare faire un don au moins une fois par an.
Mais, les organisations caritatives s'inquiètent de la suppression de l'ISF qui ne sera pas sans conséquence pour leur budget.

Ce sont les chiffres de France Générosité publiés hier : les dons ont augmenté de 2,5 % en France l'an dernier.
Leur valeur moyenne est d’un peu moins de 50 euros.
Les trois principales causes pour lesquelles les Français donnent sont, dans l'ordre, l'enfance, la lutte contre la pauvreté et la recherche médicale.

On peut donner de deux façons soit dans la rue, de façon totalement gratuite, ou faire un don qui ouvre droit à des réductions d'impôts.
Car, en donnant au Resto du Coeur, à la Fondation de France ou l'Institut Pasteur, vous pouvez déduire les trois quarts de ce don de votre impôt sur le revenu ou de votre impôt sur la fortune.

Mais l'impôt sur la Fortune est supprimé. À quelle conséquence peut-on s’attendre ?

C'est pas bon.
Aujourd'hui, on compte 43.000 contribuables fortunés assujettis à l'ISF et qui, justement, réduisent leur impôt sur la Fortune en faisant des dons.
Ils y sont de leur poche. Mais, ces grandes fortunes préfèrent donner leur argent à une organisation caritative quitte à payer un peu plus plutôt que de donner leur argent au Fisc.
D'où l'inquiétude de ces organisations caritatives qui craignent de perdre cette manne, avec la suppression de l'ISF. Une manne qui représente 220 millions d'euros, soit l'équivalent de 10% des dons déclarés chaque année au fisc. Donc 10% des recettes en moins, voire beaucoup plus pour certaines fondations qui ont su établir des relations de confiance avec ces grandes fortunes.
Alors, certes, l'ISF ne disparait pas. Il est remplacé par l'impôt sur la Fortune Immobilière. Mais enfin, comme ce nouvel impôt est trois fois plus petit, on peut donc penser que les recettes seront divisées par trois.
Voilà, on dit souvent que les ennuis volent en escadrille. C'est vrai que pour le gouvernement, en terme d'affichage, si on était très méchant et qu'on voulait caricaturer de façon polémique la suppression de l'ISF, on pourrait dire qu'on prend au resto du Coeur pour donner aux propriétaires de yacht.
C'est ravageur.