Prix Nobel d'économie : comment notre comportement affecte la rationalité économique ?

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Les êtres humains sont souvent irrationnels et prennent de mauvaises décisions !
C'est ce constat qui a valu l'économiste américain, Richard Thaler, de décrocher hier le Prix Nobel d'économie.

En économie, il y a de belles théories avec des belles équations parfaites. Sauf que dans la pratique, ça ne marche pas toujours, loin de là.
La raison est toute simple, c'est que ces belles équations s'adressent à des hommes et des femmes qui ne sont pas toujours très rationnels. qui ont une "rationalité limité" nous dit Richard Thaler.
Ses travaux ont démontré comment la nature humaine, avec son cortège de décision prises à l'emporte-pièce sous le coup de l'émotion, vient fausser et perturber les théories économiques.
C'est flagrant sur les marchés financiers, en Bourse, où il y a des bulles et des krachs parce qu'on s'emballe ou déprime. Vous savez que la météo, la pluie, a une influence sur les cours de Bourse. Avouez que ce n'est pas très rationnel !
Autre exemple en matière d'épargne retraite. La nature humaine est ainsi faite que spontanément, on préfère dépenser son argent tout de suite (le plaisir immédiat), plutot que d'économiser pour ses vieux jours (le plaisir différé). Ce qui est problématique pour se constituer une épargne retraite.

Et donc ? Une fois qu'on a dit ça, quelles sont les conséquences ?

Elles sont énormes, ces travaux légitiment l'intervention du Politique puisque L'économie n'est pas une science exacte et puisque la fameuse main invisible du marché est idiote. Les politiques sont fondés à intervenir pour nous inciter à prendre les bonnes décisions.
Richard Thaler a ainsi développé le concept du "coup de pouce".
Exemple en matière de retraite, il faut donner un petit coup de pouce fiscal pour inciter les gens à économiser pour leurs vieux jours.
Autre exemple pour les aides sociales, il faut flécher ces aides avec notamment le "chèque énergie", les "allocations de rentrée scolaire" ou les "aides au logement". Sinon, cet argent sera mal dépensé parce que nous sommes pas des êtres rationnels. Nous ne sommes pas des robots en équations.
Ce prix Nobel réhabilite et consacre le rôle des politiques.