Privatisation de la Française des jeux et des aéroports de Paris : est-ce bien sage de confier au privé des activités aussi sensibles ?

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Le retour des privatisations.
L'État s’apprête à vendre ses parts dans Aéroport de Paris et La Française des Jeux. Est-ce bien raisonnable ?

L'objectif est double :
Tout d'abord, récolter de l'argent (10 milliards d'euros) pour financer le fond publique pour l'innovation.
Ensuite, il y a cette idée que l'État n'est pas le meilleur actionnaire donc autant vendre au privé qui saura mieux faire.

Sauf qu'on est là, face à des activités sensibles que ce soit la gestion des aéroports parisiens ou les jeux de grattage qui sont très addictifs.

Voilà, c'est tout le débat : est-ce bien raisonnable de confier au privé (qui n'a d'autres objectifs que de faire du profit) la gestion de Roissy et d'Orly ?
On a vu comment Vinci (puisque Vinci est le grand favori pour reprendre les Aéroports parisiens) a fait flamber le prix des autoroutes. Va-t-on avoir la même chose ?
Parce que dans les deux cas (aéroport et autoroute) on n'a pas le choix, ce sont des monopoles et il n'y a rien de pire qu'un monopole privé.
De la même façon, concernant la Française des Jeux, un opérateur privé aura tout intérêt à créer des jeux de grattage les plus addictifs possibles pour vendre un maximum de ticket.

Pourquoi le gouvernement décide-t-il malgré tout de privatiser ?

La réponse c'est la régulation.
L'État peut toujours imposer un cahier des charges et fixer les règles du jeu précises.
C'est comme ça que ca marche pour l'eau depuis toujours. C'est quand même stratégique, l'eau potable chez soi.
Le secteur est au main d'entreprises privées, depuis toujours comme Véolia, et Suez Environnement.
De fait, concernant les aéroports. Vinci (groupe privé) gère des aéroports dans le monde entier. En France : Lyon, Nantes, Chambery, mais aussi au Japon (Osaka), au Brésil ou au Portugal.
Sur un vol Lisbonne-Paris, on ne peut que constater qu'effectivement, l'aéréoport de Lisbonne (géré par Vinci) est nickel alors que Roissy figurait jusqu'à récemment dans la liste des pire aéroports du monde.