Premières grèves chez Ryanair : est-ce la fin du règne des "low cost" ?

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Ryanair est confronté à ses premières grèves en 30 ans d’existence, de quoi interroger la pérennité du modèle low-cost. 

Depuis trente ans, Ryanair maltraite ses salariés, ses clients et les autorités. Mais on arrive désormais au bout de ces méthodes. Les salariés tout d'abord, n'en peuvent plus des conditions spartiates qui leur sont imposées et des vexations. Le personnel naviguant ne dit rien, mais les pilotes, qui ont plus de pouvoir, s'en vont et ceux qui restent font grève : grève en Italie vendredi, puis en Irlande mercredi. L'Allemagne a également rejoint le mouvement.

Des méthodes douteuses. Mais les clients aussi se rebiffent contre des pratiques vexatoires. En effet, à bord des avions Ryanair, les couples ou les familles sont volontairement séparés. Vous devez prendre l'option payante "siège à coté de" pour ne pas vous retrouver dix ou vingt rangées derrière votre moitié.

Quant aux prix imbattables qui ont fait le succès de Ryanair, ils sont obtenus avec des méthodes douteuses, puisque Ryanair exige des subventions publiques dans les aéroports desservis, mais en retour, la compagnie refuse de payer les cotisations sociales dans les pays qu'elle dessert, ce qui lui vaut d'être régulièrement condamnée par la Justice Européenne.

Changer de stratégie. Et pourtant, Ryanair reste la première compagnie européenne, avec 120 millions de passagers en 2017. C'est aussi l'une des plus rentables, ce qui indique que le modèle low-cost n'est pas encore essoufflé. Mais si Ryanair veut garder ses clients, ses pilotes et l'œil bienveillant des autorités, la compagnie va devoir adoucir ses pratiques. Ce qui pourrait faire grimper les coûts, un peu comme chez EasyJet qui est monté en gamme pour attirer une clientèle "affaire" notamment.

En fait, c'est la fin d'un règne. Il n'y a plus les low-cost triomphantes et novatrices d'un côté, et les compagnies historiques, ringardes et déclinantes, de l'autre. Car, dans le même temps, Air France a réussi à réduire ses coûts avec ses nouvelles compagnies : Joon et Transavia. Aujourd'hui, tous les aviateurs sont sur le même créneau, il s'agit donc de trouver le bon curseur, c'est à dire le meilleur rapport qualité/prix.