Novartis s'offre une pépite française de la médecine nucléaire

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Axel de tarlé vous parle économie est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Une start-up française spécialisée dans le traitement du cancer est rachetée plus de trois milliards d'euros par le géant suisse Novartis.
Faut-il s'en réjouir ou s'en désoler ?

C'est fabuleux qu'une telle pépite comme Advanced Accelerator Application ait pu apparaitre en France, à Saint Genis Pouilly, dans l'Ain.
Mais effectivement, c'est aussi très triste de voir qu'elle passe sous pavillon suisse.

Retour sur cette opération qui est assez exceptionnelle. Pourquoi ?

On mesure la créativité et la réussite d'un pays sur le plan technologique, en comptant ce qu'on appelle les "Licornes". C'est quoi une "Licorne" ? Ce sont les Start-UP qui valent plus d'un milliard de dollars, celles qui ont réussi.
La France en compte très peu. On site d’ailleurs toujours la même, "BlablaCar" qui vaut 1,5 milliard d’euros.

Cette start-up, inconnue, a été rachetée ce lundi près de quatre milliards de dollars, soit plus de trois milliards d'euros. C'est énorme, c'est quasiment le prix d'une entreprise comme Air France. Alors que cette société est toute jeune, créée en 2002, et qu'elle dégage un tout petit chiffre d'affaires d’à peine 100 Millions d'euros.
Mais ses outils sont très prometteur. Cette entreprise est capable de diagnostiquer à un stade précoce des cancers rares, quasi invisibles, mais fatal. Typiquement, elle aurait pu diagnostiquer et traiter le cancer de Steve Job, le fondateur d'Apple, qui est mort en 2011 d'une forme rare du cancer du pancréas.

Et pourquoi ne reste-t-elle pas en France ? Nos responsables politiques ne cessent de vanter le "Crédit Impot Recherche" justement pour financer l'innovation !

En fait, cette entreprise est déjà partie aux États-Unis, toute la direction est à New-York.
Pourquoi ? Parce que le marché est là-bas mais aussi les investisseurs, ceux qui sont capables d'accompagner et de financer le développement d'une entreprise compliquée qui perd de l'argent (21 millions d'euros).
Donc, oui, le gouvernement a raison de poser la question cruciale du financement de nos start-up.
Avouez quand même que c'est rageant que les milliards de notre Assurance-Vie s'investissent massivement en placement sans risque (en Emprunt d'Etat) mais que si peu aillent vers cette excellence française, capable de diagnostiquer et de traiter des cancers rares.
Donc, oui, il faut réorienter notre épargne vers ce genre de pépite.