Mauvais chiffre du commerce extérieur : a-t-on perdu la bataille de la compétitivité ?

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Axel de tarlé vous parle économie est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Douche Froide sur le Commerce Extérieur.
Les mauvais chiffres de septembre montrent que la bataille de la compétitivité est loin d'être gagnée.

Sur les neuf premiers mois de l'année, la France cumule déjà un déficit commercial de 48 milliards d'euros, c'est plus que pour l'ensemble de l'année 2016.
Cela veut dire que le "made in France" ne se vend pas et que les consommateurs préfèrent acheter des produits fabriqués ailleurs (en Allemagne, en Chine ou en Italie).
Conséquence : nos usines ferment !

Pourquoi cette faiblesse persistante de nos entreprises ? Qu'est ce qui cloche ?

Ce qui cloche, ce ne sont pas les très grandes entreprises, au contraire, heureusement qu'elles sont là. Airbus (dans l'aéronautique), Sanofi (dans la pharmacie) ou LVMH (dans le luxe) portent notre commerce extérieur. Les Grandes entreprises (elles sont 500) réalisent à elles seules 60% de nos exportations.
Mais après, c'est le désert. Le problème en France c'est la grande fragilité de ce qu'on appelle les ETI, les entreprises de taille intermédiaire (entre 250 et 5.000 salariés), celles qui précisément font la force de l'économie allemande.

Cela veut dire que toute les politiques de "compétitivité", menées depuis plusieurs années, ont échoué ?

Non, justement, c'est là où on peut avoir un espoir.
Hasard de Calendrier, l'Insee publiait ce mercredi des chiffres sur la santé nos entreprises.
Des chiffres de 2015 qui montrent que les mesures de baisses de charges engagées sous le précédent quinquennat commencent à porter leur fruit et se traduisent par une remontée des marges de nos entreprises, de 27 à 29% dans l'industrie.
C'est modeste mais on a inversé la tendance et, c'est encourageant car, vous connaissez la formule : "La marge d'aujourd'hui, ce sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain".
De fait, les investissements repartent.
Et d'ailleurs, l'une des raisons qui expliquent l'aggravation de notre commerce extérieur, c'est précisément parce que l'on importe en ce moment davantage de machine-outil allemande, des équipement informatique venant de Chine ou des États-Unis.

On croise les doigts en espérant voir là le signe d'une reconquête de notre industrie et de nos entreprises car c'est un combat crucial.