L'Europe s'unit contre Google

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Axel de tarlé vous parle économie est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Tous contre Google ! Les Européens s’unissent pour combattre les pratiques abusives des géants d'Internet.

C'est connu : pour s'unir, il faut un ennemi commun. On l'a trouvé en Europe. C'est Google, symbole de ces géants d'Internet qui ont fini par exaspérer tout le monde à force de ne pas payer d’impôts. Si bien que l'on a enfin une union sacrée : France, Italie, Espagne et surtout, l'Allemagne, qui a longtemps été réticente. Union sacrée pour faire payer des impôts à ces géants américains, richissimes.

Concrètement, comment faire ?

Oui, pour que ça marche, on prend une solution bête et méchante. Plus question de finasser, on taxe le chiffre d'affaires. C'est très simple. Quand Google facture 100 euros à un client français, le trésor public, intervient et prend cinq euros, à la racine. Cette proposition sera défendue vendredi prochain, lors d'un sommet européen.

Mais, concernant Google, il y a plus grave que ne pas payer ses impôts. Ce qui est plus grave, c'est qu'il n'y ait pas de Google européen. On le sait, ce siècle est numérique. Or, toutes les données clé sur les goûts, les habitudes de chacun, toutes ces données sont collectées, archivées, exploitées, puis revendues par ces géants américains du web. Il n'y a aucun Européen. Ça, c'est grave. L'Europe est devenue une colonie numérique.

Qu'est qu'on peut faire ? Ça ne se décrète pas, on ne peut pas créer un "Google Européen" !

Non, mais on peut empêcher les pratiques abusives de Google qui fait tout pour empêcher la concurrence. Autrefois, il y avait des sociétés internet européennes (Kelkoo, leGuide,...). Toutes ont disparu. Pourquoi ? Parce que Google fait disparaître les concurrents de son moteur de recherche. La Commission européenne a d'ailleurs infligé, en juin dernier, une amende record de plus de deux milliards d'euros à Google, pour abus de position dominante. Mais le combat sera long. Google a fait appel hier de cette décision.

On se demande souvent à quoi sert l'Europe. Là, dans ce combat sur ces questions de fiscalité, de concurrence, de numérique, on voit bien que la réponse ne peut être qu'européenne face à ces géants, qui pèsent aujourd'hui plus lourd que des Etats.