Le secteur agricole français en crise : quid de nos voisins européens?

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
Partagez sur :

Chaque jour, Carole Ferry fait un point sur l'économie.

L'économie avec vous Carole Ferry, comme chaque année le salon de l'agriculture est l'occasion pour nos agriculteurs de bénéficier d'une immense caisse de résonance sur les difficultés rencontrées par le secteur. Salaires bas, crises à répétition, on est pourtant Carole le plus gros pays producteur d'Europe, où est-ce que ça coince ?

Non seulement on est le plus gros producteur d’Europe Maxime mais en plus, on produit quasiment de tout(à part du coton). Alors ce qui coince…Et bien il y a la grande distribution. Elle est particulièrement puissante en France. Même le gouvernement n'arrive pas à obtenir que les agriculteurs soient payés au juste de prix. C'est ce qui a poussé les jeunes agriculteurs à hurler hier dans les supermarchés Leclerc : "on veut vivre de notre métier".

Mais ça n'est pas la seule raison. Nos voisins européens sont eux aussi exposés à la volatilité des prix : aux intempéries, aux crises,  et pourtant certains résistent mieux.

On parle souvent de l'Allemagne notamment ?

Oui parce que les agriculteurs allemands ont hérité des fermes usine du  communisme, qu'ils ont  modernisées et qui sont plus rentables. Mais il y a désormais une épine dans le pied des paysans Allemands, pendant longtemps le gouvernement a payé très cher l'électricité fabriquée grâce aux panneaux solaires ou aux déchets agricoles (la méthanisation). Mais c'est terminé. Et mine de rien ça risque de peser dans les budgets des agriculteurs allemands.

Mais alors est ce qu'il y a des pays qui s'en sortent vraiment bien ?

Oui, la Pologne par exemple : grâce à une main d'œuvre pas chère bien sûr, mais aussi une politique centrée sur quelques types d'élevage. Pareil pour la Hollande qui a tout misé sur quelques secteurs avec une technologie extrêmement pointue et des agriculteurs hautement qualifiés. C'est comme ça que le pays arrive à faire pousser des fruits et des légumes même sans soleil et à inonder l’Europe de fleurs.

Revers de la médaille, le bilan écologique est catastrophique, avec des nappes phréatiques complètement polluées aux nitrates. C'est tout  le problème de l'équilibre entre environnement et rentabilité.

Oui mais on peut comprendre que la France n'est pas forcément envie de ce modèle.

Bien sûr, surtout au pays du territoire, de la gastronomie. D'ailleurs on voit bien la levée de bouclier qu'il y a eu contre la ferme des 1.000 vaches. (Imaginez la chine en construit une de 100.000 vaches) C'est pour ça que le tournant qui s'opère actuellement en France, c'est plutôt le choix du bio et de l'agriculture raisonnée. 

Mais ça prend du temps : il faudra encore 2 ou 3 ans pour en voir les effets. Et puis on ne pourra jamais faire du 100% bovin nourri à l'herbe et brossé tous les matins.  Il faut pouvoir nourrir tout le monde, à tous les prix, c'est un peu comme les voitures allemandes, il faut savoir faire du haut de gamme, et des modèles plus accessibles. C'est sans doute le pari qui se joue actuellement.