Le gouvernement envisage un plan de départs volontaires dans la fonction publique

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
Partagez sur :

Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Le gouvernement brise un tabou. Il veut lancer un "plan de départs volontaires" chez les fonctionnaires.

Dans le privé, on appellerait ça un plan social comme chez Carrefour qui veut supprimer 2.400 postes via des départs volontaires.
Là, c'est un peu la même chose. L'État veut offrir l'opportunité à certains fonctionnaires de renoncer au statut et de partir pour le privé, moyennant bien sûr un petit pécule de départ. C'est évidemment une révolution.

L'objectif est de faire baisser la dépense publique ?

Bien sûr. Jusqu'à présent, c'était le point faible de ce gouvernement qui ne s'est pas vraiment attaqué à la dépense publique.
La première question à se poser c'est : L'État doit-il tout faire lui-même ? Ne peut-il pas, dans certains cas, recourir à des salariés du privé ?
C'est la première partie de ce plan présenté hier par le Premier ministre, Édouard Philippe. Permettre aux administrations publiques de recourir davantage à des contractuels, à des salariés du privé embauchés pour réaliser telle ou telle mission.
Exemple : Dans les cantines scolaires, le service doit-il forcément être réalisé par un fonctionnaire ou par un "contractuel" ?

Les contractuels représentent déjà 20% des effectifs dans la fonction publique (dans les hôpitaux, les cantines scolaires).

Oui, c'est vrai, le gouvernement veut encourager ce mouvement.
On verra s'il va encore plus loin car tout cela reste à négocier avec les syndicats. Car la vraie révolution c'est de faire comme en Europe du Nord ou en Suède, où le gouvernement a carrément confié à des entreprises privées, des missions de services publiques.
C'est d'ailleurs ce qu'a fait Anne Hidalgo a Paris avec la gestion des PV. Évidemment, ce n'est pas très populaire mais la Maire de Paris a estimé que le privé était plus efficace pour repérer et sanctionner les automobilistes fraudeurs.
Sauf qu'Anne Hidalgo n'a fait que la moitié du chemin parce que, derrière, elle a gardé les 1.600 agents publics qui étaient dédiés au PV (les pervenches). Donc, ce n'est pas terrible en matière d'économie.
C'est bien pour cela que le gouvernement, veut offrir la possibilité aux fonctionnaires, dont le poste aura été supprimés, de partir vers le privé.
En Suède, cette démarche a permis de réduire d'un quart le nombre de fonctionnaires.
En France, on est loin de cet objectif, Emmanuel Macron a promis 120.000 suppression de postes en cinq ans dans la fonction publique, soit à peine 2,2 % des effectifs.