La patronne d'Engie a-t-elle été victime de sexisme ?

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Y aurait-t-il une affaire de sexisme au sein du CAC 40 ? La patronne d'Engie (Isabelle Kocher) voit lui échapper le titre de Présidente. On lui a préféré un homme.

Or un vrai patron du CAC 40 est PDG. C'est à dire qu'il cumule les fonctions de "Président" - celui qui donne les grandes orientations - et les fonctions de "Directeur Général" - Celui qui dirige l'entreprise au quotidien. Exemple : Carlos Goshn est PDG de Renault. De la même façon Isabelle Kocher - devait être PDG d'Engie. Engie, géant Mondial de l'énergie. C'eut été une première en France, la première femme "PDG du CAC 40". He bien, Non. Ce ne sera pas cette fois. Le couperet est tombé hier. Isabelle Kocher reste Directrice Générale d'Engie (poste qu'elle occupe depuis deux ans), mais pour la Présidence, ce sera un homme : Jean Pierre Clamadieu.

Alors pourquoi cette décision ? Est-ce parce que c'est une femme ? 

Les langues se délient. Et elles sont un brin sexistes. Hier le Journal Le Monde rapportait un florilège de critiques adressées à Isabelle Kocher.

- On la surnomme le "Thatcher du Business".

- On s'attaque à sa vie privée : Comment une mère de famille de 5 enfants, peut-elle diriger un géant mondial ?

- On s'immisce dans sa vie intime, en agitant une affaire de conflit d'intérêt avec son compagnon.

Bref, tout cela méritait bien une reprise en main, avec - bien sûr - un homme au-dessus d'elle.

Et le gouvernement laisse faire ?

Car en fait, et là je dois rétro-pédaler, l'affaire est plus compliquée. D'abord, sur le fait de ne pas cumuler les fonctions de Président et de Directeur Général. Ça se fait beaucoup et c'est plus sain. Le gouvernement encourage cette dissociation des fonctions. C'est le cas chez Airbus, Safran, et maintenant chez Engie. Tant mieux.

Et puis, autre point (qui n'a rien à voir avec le sexisme). Isabelle Kocher a engagé une stratégie radicale chez Engie et donc risquée. Elle a décidé de revendre toute les énergies fossiles (qui rapportaient beaucoup d'argent, notamment le gaz) pour réorienter le groupe sur les énergies propres (qui aujourd'hui coutent beaucoup d'argent). On verra à terme. Mais, en attendant, l'action Engie est à la cave.

Donc, vous voyez, c'est plus qu'une affaire de sexisme. Même si, c'est vrai, on ne peut que constater - aujourd'hui - que sur les 40 entreprises du CAC 40, il n'y a aucune femme "présidente".