La Chine : le point noir de notre commerce extérieur

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Emmanuel Macron est arrivé en Chine, pour une visite de trois jours.
L'un des objectifs est de rééquilibrer nos relations commerciales qui sont très largement déficitaires.

On le sait, le commerce extérieur est le point noir de l'économie française. - On importe beaucoup mais on exporte peu.
Avec la Chine, c'est la caricature. Nous importons pour 46 milliards d'euros de produits chinois (vêtements, jouets ou hi-fi) mais nous ne vendons que pour 16 milliards, soit trois fois moins, notamment des avions ou des produits de luxe.
Au final, un déficit commercial record de 30 milliards d'euros.
Concrètement, chaque année, 30 milliards d'euros quittent le territoire français pour aller dans les poches chinoises.
Avec cet argent amassé, les Chinois ensuite peuvent racheter nos entreprises qui deviennent chinoises comme Club Med, Peugeot-Citroen ou encore l’Aéroport de Toulouse.
Donc, on voit bien qu'il faut stopper cette hémorragie.

Comment Emmanuel Macron peut-il changer les choses ?

Il va demander deux choses :
D’abord la réciprocité. Il n'est pas normal que les Chinois puissent racheter nos entreprises à 100%, comme le Club Med par exemple. Mais, dans l'autre sens c'est impossible. Nous, il nous faut faire des partenariats à 50/50 quand on va en Chine et cela doit changer.
Puis, on exige de l'équité. Emmanuel Macron a pu voir quand il était ministre de l'Économie à Bercy comment les Chinois ont cassé la sidérurgie européenne en inondant l'Europe d'acier subventionné avec des aides d'État, une pratique inacceptable.
Donc, réciprocité et équité, c’est que va demander Emmanuel Macron à Pékin.

A-t-il une chance d'être entendu ?

C'est là où on en arrive au nœud de l'affaire.
Ces deux exigences (réciprocité et équité) sont portées non pas par la France mais par l'Union Européenne, qui a décidé de durcir le ton face à la Chine.
À Pékin, Emmanuel Macron va s'exprimer non pas tant au nom de la France mais au nom de l'Union Européenne, un marché de 500 millions d'habitants. Ça change tout, ça donne du poids.
C'est d'ailleurs tout l'intérêt de cette Union à 27, pouvoir peser dans les affaires du monde. Les travaux pratiques débuteront donc à Pékin.