Inégalités de salaires hommes-femmes : la bataille de Muriel Pénicaud

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, veut supprimer les inégalités de salaires hommes/femmes sur le quinquennat.
Elle le dit dans une interview au Journal du Dimanche.

Ces inégalités se résument en deux chiffres.
Le premier est scandaleusement simple. Pour un même poste et un même travail, une femme gagne 9% de moins qu'un homme.
Dans le Journal du Dimanche, la ministre donne l'exemple de deux étudiants qui ont fait les mêmes études et qui postulent pour le même poste.
Si c'est une femme, on lui propose moins et c’est scandaleux. La ministre souhaite d'abord plus de transparence pour que l'on puisse détecter ces situations. Et ensuite, plus de sanctions, qui sont aujourd'hui peu prononcées (à peine 157 entreprises sanctionnées depuis 2013).

Mais, Muriel Pénicaud explique qu'il faut "une politique globale qui doit se décliner à tous les niveaux", c'est à dire ?

Car le mal est plus profond.
En moyenne, tout confondu dans la société française, une femme gagne 25% de moins qu'un homme. Un écart considérable qui s'explique par le fait que les femmes effectuent des métiers moins rémunérateurs.
Et c'est là où il faut agir collectivement, en profondeur, à la maison et à l'école.
Exemple : pourquoi en bac scientifique, les filles réussissent-elles mieux ? Mais ensuite, en école d'ingénieur, il n'y a plus qu'un quart de filles et trois quarts de garçons. Par ailleurs, Pourquoi est-ce qu'en management, la carrière des femmes progresse plus lentement ?
Certes, les choses bougent mais lentement. En 20 ans, cet écart, tout confondu a été réduit de 3,5 points. À ce rythme-là, il faudra attendre 132 ans pour atteindre la parité, soit en 2150.

Or, ce n'est pas qu'une question de justice élémentaire, c'est aussi une question d'efficacité économique ?

Comme le disait hier Isabelle Kocher, la patronne d'Engie, dans le grand Grand-Rendez-vous d'Europe 1, l'entreprise doit ressembler à la société. C’est une question d'équilibre, d'harmonie et c'est très concret.
Exemple : Dans la finance, dans les salles de marchés, des études ont montré qu'il y avait beaucoup trop d'hommes, ce qui contribuait aux excès de la finance et que (pour faire simple) la crise de 2008 n'aurait peut-être jamais existé si la banque Lehman Brother, s'était appelait Lehman Sister !