Grand ménage chez SFR !

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Axel de tarlé vous parle économie est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Grand Ménage chez SFR.
Face à la chute spectaculaire de l'action qui a dévissé de 34% en huit jours, Patrick Drahi se sépare de Michel Combes et nomme l'un de ses proches à la tête de SFR.

Il y a la feu dans la galaxie Drahi qui est massacré en Bourse.
En huit jours, neuf milliards d'euros sont parti en fumée soit trois fois le déficit de la Sécurité Sociale.
Mais ce n'est pas grave, ce n'est que de l'argent. Il y a plus grave pour Patrick Drahi, il a perdu ou est en train de perdre la confiance des marchés financiers. C'est très embêtant parce que sans la confiance, c'est la fin de l'aventure.

Pourquoi ? Qu'est-ce que ça Change ?

Concrètement, cela veut dire deux choses :
Tout d’abord, plus d'acquisition possible. Or, cet été encore, on prétait à Patrick Drahi l'intention de racheter le deuxième cablô-opéreteur des États-Unis. Mais, ça c'est terminé.
Mais, il y a plus inquiétant. Cette perte de confiance, vous menace chez vous à domicile car le groupe a une dette de 50 milliards d'euros. Pour rembourser, ce n'est pas comme pour un particulier avec son emprunt immobilier. Quand une dette arrive à échéance, que fait Patrick Drahi ? Il rembourse en faisant un nouvel emprunt. Il a donc absolument besoin de la confiance des marchés.

Pour cela, il doit montrer qu'il agit dans la tempête, exit donc Michel Combes, l'ancien patron d'Alcatel.
Patrick Drahi place sa garde rapprochée à la direction de SFR.

SFR qui est le vaisseau amiral du groupe et qui connait des difficultés ?

Voilà, il lui faut gagner la bataille de SFR.
Or, depuis son rachat en 2014, SFR a perdu 2,5 millions d'abonnés. Surtout, le revenu par abonné ne monte pas, il a même plutôt tendance à baisser.
C’est donc un échec en volume et en valeur alors que Patrick Drahi nous avait promis la lune et c’est pour cela que l'action dévisse.

Bref, tout cela est très triste.
Néanmoins, 'il y a un petit aspect positif dans cette mésaventure. Cela montre les limites d'un capitalisme très agressif, très financier où l'on rachète une entreprise comme SFR en s'endettant massivement. Ensuite, pour rentabiliser la bête, on taille massivement dans les coûts avc un tiers des effectifs qui ont été supprimé et in fine, on touche le pactole.
Cette stratégie très agressive et très financière n'est pas gagnante à tous les coups.