Delta Airlines et China Eastern entrent au capital d'Air France

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Axel de tarlé vous parle économie est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie. Mardi, il s'intéresse à l'entrée de Delta Airlines et de China Eastern au capital d'Air France.

Faut-il s'en inquiéter ? Américains et Chinois entrent au capital d'Air France (et prennent 10 % chacun). Des voix s'élèvent pour dénoncer une prise de contrôle "rampante".

Partout dans le monde, on est très jaloux de l'indépendance de sa compagnie nationale. British Airways représente la Grande-Bretagne, Alitalia, c'est l'Italie et Air France, c'est la France ! C'est pourquoi, voir ainsi les Américains de Delta Airlines prendre 10 % d'Air France et les Chinois de China Eastern prendre également 10 % avec, pour chacun, une entrée au conseil d'administration.... Cette double intrusion étrangère inquiète, d'autant qu'au même moment, la part de l'État français dans Air France recule de 17 % à 14 %.

Craint-on de voir les Chinois (ou les Américains) prendre, à terme, le contrôle d'Air France ?

Exactement, même si, techniquement, ils sont tenus de rester à 10 % pour une période de cinq ans. Pourtant, le risque est bien là. Mais cette opération est aussi une fantastique chance de rebond. Avec l'argent récolté, Air France va prendre un tiers de la compagnie anglaise Virgin. Si bien que, ce nouvel ensemble, Air France-Virgin-Delta Airlines (qui est entré au capital)-KLM (partenaire historique) sera leader mondial sur les vols Europe-Amérique. Ce n'est pas rien puisqu'il s'agit du premier marché du monde.

Et vers l'Asie, avec China Eastern, Air France se marie avec l'une des trois principales compagnies chinoises, déjà leader à Shanghai. Car il faut bien parler de mariage avec ces entrées au capital. Désormais, Chinois et Américains ont tout intérêt à ce qu'Air France aille bien puisqu'ils en sont actionnaires.

Donc Air France sort de sa coquille nationale et devient une vraie compagnie mondialisée.

Cette opération rappelle un peu l'opération Renault Nissan. Il y a 20 ans, Renault avait le choix de rester purement national ou de prendre le risque de la mondialisation avec Nissan. On souhaite la même réussite à Air France, Renault-Nissan est devenue cet été, le numéro un mondial de l'automobile.