Croissance : la Grande-Bretagne "lanterne rouge" des pays du G7

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

La Grande Bretagne n'en finit pas de subir les conséquences du Brexit.
Le pays est désormais la "lanterne rouge" des pays du G7, en terme de croissance économique.

C'est une sacré claque parce que la Grande Bretagne était le champion de la croissance des pays du G7 (les sept pays les plus industrialisés) il n'y a pas si longtemps, en 2014.
Selon les dernières prévisions de l'OCDE, il sera le dernier de la classe l'année prochaine avec une croissance d’à peine 1% derrière la France, l'Italie, et le Japon.
Comment passe-t-on du statut de premier à dernier ? On vote le Brexit !

Pourtant, techniquement, la Grande-Bretagne n'est pas encore sortie de l'Union Européenne.

Oui mais les effets sont déjà là.
L'inflation s'emballe à 3% ce qui mine le pouvoir d'achat des ménages.
Car avec le Brexit, la livre sterling a perdu 13%. Ça veut dire que tous les produits importés comme les télécoms, le fromage, le vin ou les vêtements sont 13% plus cher.
Or - comme les salaires ne suivent pas...Et que les Anglais n'ont aucune épargne,...ils sont obligés de se serrer la ceinture...ce qui plombe la croissance du pays. (la consommation, c'est la principal moteur de la croissance économique).

Autre moteur qui est à l'arrêt, c'est l'investissement.
L'équivalent du Medef en Grande Bretagne explique qu’avec ce flou sur le Brexit, toutes les grandes entreprises "repoussent leurs grands projets d'investissements". Mais, même pour les start-up, Londres n'attire plus. À quoi bon s'installer en Angleterre, si demain, vous n'avez plus accès librement au marché européen, et qu'il vous faut un visa pour attirer des ingénieurs.
Sans parler, des banques, obligées de quitter Londres pour s'installer sur le Continent.

Est-ce qu'on profite de cet affaiblissement de la Grande-Bretagne ?

Un peu mais, on aurait tort de s'en réjouir car c'est toute l'Europe qui s'affaiblit.
Typiquement dans la finance, Londres s'affaiblit au profit de New-York, Hong-Kong ou Singapour.
Le seul avantage, c'est qu'on voit les ravages d'une aventure en solo avec une Grande Bretagne totalement isolée. Exemple : En ce moment, Theresa May doit ferrailler seule face à un Donald Trump qui veut taxer à 220% les avions fabriqués au Royaume-Uni.