Crise au Medef : comment Macron a tué le Medef ?

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Le patron de Michelin qui devait succéder à Pierre Gataz a été sèchement écarté, ce lundi, de la Présidence du Medef.

Le Mandat de Pierre Gattaz s'achève en juillet prochain et Jean Dominique Sénard, le patron de Michelin, devait lui succéder. Il avait le profil idéal.
Michelin est l’entreprise préférée des Français. C’est parfait pour porter l'image des entreprises et du Medef.
Michelin est une entreprise leader mondial. C’est parfait pour avoir à la tête du Medef un patron conscient des enjeux planétaires, qui est écouté et respecté dans le monde politique.
Et Enfin, Michelin est une entreprise industrielle avec 14 usines en France avec un patron apprécié en Interne. C’est parfait pour mener à bien des négociations avec les syndicats de salariés.
Bref, le profil idéal.

Et, ce lundi, Patatras ! Jean Dominique Sénard a été écarté, au motif qu'il était trop vieux ?

Trop vieux de quatre mois, on croirait une blague !
En fait, les statuts du Medef stipulent qu'il faut avoir moins de 65 ans pour être élu président.
Or, en juillet prochain, Jean Dominique Sénard aura 65 ans et quatre mois.

Plusieurs solutions ont été envisagées comme celle d’avancer le vote de quatre mois ou bien, plus simple, de changer les statuts.
Du coup, vote au Medef à bulletin secret, pour ou contre le changement de statut.
Et là grosse Claque, le Non l'a emporté très largement avec les deux tiers de voix.
Donc Terminé. Exit, Jean Dominique Sénard ! Dehors !

Comment expliquer cette claque infligée au Patron de Michelin ?

On va dire que de même qu'Emmanuel Macron a tué la droite, il a tué le Medef.
Comme Emmanuel Macron mène une politique favorable aux entreprises, les patrons n'ont plus d'ennemi commun.
Finalement, les choses seraient plus simples avec Jean-Luc Mélenchon à l'Élysée, on aurait un patronat de combat, uni derrière son chef.
Là, avec Emmanuel Macron, le patronat est divisé et les guerres internes reprennent le dessus. Les entreprises du CAC 40 contre les PME, les entreprises de service contre les entreprises industrielles. Et du coup, il y a des rivalités internes.
Avec ce vote, on écarte un rival trop vieux !
On verra maintenant qui pour diriger le Medef mais, on le voit, le patronat est mal parti pour gagner en influence et en image.