Coût du travail : la victoire "posthume" de François Hollande

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

La croissance s'accélère : +  1,9 % l'année prochaine selon l'Insee, (le meilleur chiffre depuis 2011). Axel, c'est en parti (dites-vous) le résultat de la politique de François Hollande en matière de coût du travail.

Avant François Hollande, le coût du travail progressait plus vite en France qu'en Allemagne.  Depuis François Hollande, c'est le contraire, le coût du travail progresse moins vite chez nous, ce qui fait que nos entreprises gagnent en compétitivité.

Et c'est bien ce qui alimente cette reprise économique, la plus forte depuis 2011 et qui sonne effectivement comme une victoire (posthume) pour François Hollande.

Qu'est-ce qui vous permet de dire cela ? En quoi l'action de François Hollande a-t-elle été décisive (en matière de coût du travail) ?

Deux notes publiées hier par Eurostat et L'Insee, le prouve. La première établit une comparaison européenne. Oui, en France, le cout du travail progresse moins vite qu'ailleurs. + 1,7 % sur un an. A comparer avec + 2,2 % en Allemagne. Et + 3 % au Royaume Uni.

Oui mais, ça veut dire que les salaires n'augmentent plus en France ! Faut-il s'en réjouir ?

Justement, c'est là où la méthode employée par François Hollande a été douce. Plutôt que de baisser les salaires (ce qui est douloureux). On a baissé les charges des entreprises (avec le CICE). Pour les entreprises ça revient au même c'est autant de moins à payer. C'est comme ça qu'on a contenu le coût du travail en France. C'est ce que montre cette deuxième note de l'Insee (publiée hier). Sans les baisse de charge de François Hollande, le coût du travail aurait augmenté chez nous aussi vite qu'en Allemagne. Alors maintenant : Attention ! Certes, le coût du travail progresse moins vite en France mais, enfin, il reste encore très élevé, plus élevé qu'ailleurs.

Mais, disons, qu'on est en train de corriger le tir car, nous avons inversé notre logiciel économique. Souvenez-vous, il y a dix ans pour soutenir l'économie, que disait-on ? Il faut augmenter les salaires, augmenter le SMIC, comme cela les gens iront dans les magasins, et ce sera bon pour l'économie. Maintenant, on dit le contraire. Attention, il faut contenir les salaires, sinon, nos entreprises ne seront plus compétitives et elles fermeront.  Ce changement de logiciel, cette politique pro-entreprise, on la doit à François Hollande avec le fameux rapport gallois.