Bruxelles : Amazon rattrapé par la police et contraint de payer une lourde amende

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Bruxelles doit infliger aujourd'hui une amende de plusieurs "centaines de millions d'euros" à Amazon.
Le géant d'internet est accusé de ne pas payer tous ses impôts.

D'ailleurs hier, Patrick Cohen interrogeait Philippe Martinez de la CGT au sujet de l'ouverture de ce nouvel entrepôt géant d'Amazon dans l’Essonne.
Il a répondu que ce serait déjà bien qu'Amazon commence par payer ses impôts.
Il faut croire que la Commission Européenne l'a entendu puisque, selon le Financial Times, Bruxelles veut mettre un terme aux combines fiscales d'Amazon qui fait remonter tous ses bénéfices au Luxembourg, pays avec lequel il a passé un accord spécial en 2003 pour payer très peu d'impôts.

Bruxelles estime que c'est de la concurrence déloyale car les concurrents d'Amazon (la Fnac, Carrefour, ou Auchan etc...), eux, ne bénéficient d'un tel montage et doivent payer leurs impôts plein pot.
Et puis, c'est d'autant plus choquant que, puisqu'on parle de ces nouveaux entrepôts comme celui d'Amiens inauguré hier par Emmanuel Macron ou celui dans l'Essonne, là, Amazon est bien content de toucher des aides publiques, payées avec les impôts des autres.

Mais à la clé, ce sont des emplois : Amazon promet 1.500 nouveaux CDI.

Enfin, si on fait le compte, Amazon se développe au détriment des enseignes traditionnelles avec (en net) beaucoup moins d'emploi.
Pour un chiffre d'affaires équivalent, Amazon emploie cinq fois moins de salariés qu'Auchan ou Carrefour. Carrefour qui, comble de l'ironie, serait dans le viseur d'Amazon. Car, à force de payer très peu d'impôts, ces géants américain ont amassé un magot colossal (estimé à 1.300 milliards de dollars par l'agence Moody's). Un magot qui leur permettrait aujourd'hui de racheter cash la quasi-totalité de nos entreprises du CAC 40. De fait, une rumeur circule en Bourse selon laquelle Amazon pourrait racheter le géant français Carrefour.
À part le consommateur qui est gagnant (le roi Consommateur), Amazon est une mauvaise affaire pour le fisc français, l'emploi français et les entreprises françaises.
C'est dire, si on est de tout cœur derrière Bruxelles, qui veut mettre au pas le géant américain.