Bataille boursière à 5 milliards pour Gemalto

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Vous nous parlez d'une bataille à près de 5 milliards d'euros pour le contrôle de Gémalto (le géant français de la carte à puce).

Il y a deux bonnes nouvelles dans cette affaire. La première, c'est de voir tout le monde se battre pour racheter Gemalto, preuve que l'entreprise ne va pas si mal. Thierry Breton, qui dirige Atos, a proposé 4,3 milliards la semaine dernière. Et ce matin, Thalès - champion français de l’électronique civil et militaire - propose 4,8 milliards pour racheter Gemalto, numéro 1 mondial de la carte à puce, de la carte Sim que l'on retrouve dans tous les téléphones portables, les tablettes, les liseuses. Gemalto, qui travaille aussi bien pour Samsung que Microsoft.

Sauf qu'un plan social est en cours ! Gemalto est en train de supprimer 288 postes sur les sites de Gémenos, La Ciotat et Meudon.

Car, l'entreprise est confrontée à une rupture technologique. La carte Sim qui est dans votre téléphone portable, et qui contient toute les infos vous concernant, qui était physique, qu'on pouvait tenir dans la main est en train de devenir virtuelle. L'intelligence n'est plus dans la carte, elle est dans le réseau maintenant, dans de le "cloud" comme on dit. Donc, forcément, ça implique des changements dans les usines. Mais, les compétences sont toujours là. Simplement, maintenant l'intelligence est dématérialisée.

Et puis, Gemalto est également très présent dans métiers clés, comme l'internet des objets (connecter deux appareils entre eux), l'intelligence artificielle et puis surtout la sécurité Internet, la lutte contre le piratage. Eh bien, c'est l'autre bonne nouvelle : cette pépite, Gemalto (15.000 salariés), restera dans des mains françaises, que ce soit Thalès ou Atos qui rachète. En l’occurrence, Thalès est le champion français de l’électronique embarqué, dans les avions, les trains, et satellites, les drones. Mais, maintenant tout est connecté, donc tout est susceptible d’être piraté (un avion, un satellite, un drone) ! Et donc, Gemalto apportera à Thalès, cette maîtrise de la connectivité, de la cyber-sécurité.

On se lamente d'avoir raté la révolution Internet. C'est oublier que sur ces métiers peu visibles (mais stratégiques) de la connectivité, de la cyber-sécurité, la France, grâce à tous ses ingénieurs, possède des leaders mondiaux et qui entendent bien le rester !