Après trois ans de stagnation, les émissions mondiales de CO2 repartent à la hausse

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Après trois années de stagnation, les émissions mondiales de C02 repartent à la hausse. Il y a néanmoins un bon élève plutôt surprenant : Les États-Unis.

Grosse déception parce qu'au niveau mondiale, les émissions de C02 stagnaient depuis trois ans. On espérait y voir une inflexion, le début de la baisse mais pas du tout. En 2017, les émissions sont reparties de l'avant avec une augmentation de 1,4%.
L’explication c’est que la croissance mondiale est repartie, entrainant une hausse des émissions, notament en Asie. En Inde et en chine, elles progressent de 1,7%. En Europe, on constate une augmentation de 1,5%.
Et puis, il y a le bon élève. C'est très surprenant parce qu'il est plutôt turbulent, c'est l'Amérique de Donald Trump.
Malgré une croissance robuste de 2,5% l'an dernier, les États-Unis ont vu leurs émissions de C02 baisser de 0,5%. C'est le meilleur chiffre jamais enregistré dans le pays.
C’est surprenant car Donald Trump veut sortir des Accords de Paris et relancer les énergies fossiles.
Ce paradoxe s'explique : l'essor spectaculaire du gaz de schistes aux États-Unis est techniquement une bonne nouvelle. Parce que partout, les centrales à gaz ont remplacé les centrales à charbon. Or, le gaz émet deux fois moins de C02 que le Charbon.
L'autre raison, c'est le développement des énergies propres, partout, notamment en Californie.

Au point que la ville de San Francisco a décidé d'attaquer en justice les pétroliers !

San Francisco accuse les cinq majors (Exxon, BP, Shell, Chevron, et ConocoPhilipps) d'avoir menti. Elles savaient parfaitement que le pétrole réchauffait la planète, mais n'ont rien dit. Pire, ces majors ont discrédité les études qui nous alertaient.
Donc, aujourd'hui, ces pétroliers doivent assumer et payer pour les dégâts liés au changement climatique.
San Francisco veut notamment que les pétroliers payent les travaux visant à renforcer la digue qui protège la ville pour une facture de 500 millions de dollars.
Un procès très suivi car il pourrait faire jurisprudence. Imaginez demain, les propriétaires en bord de mer dont les maisons sont menacées par la montée des eaux pourraient, à leur tour, se retourner contre les pétroliers.
Tout cela rappelle un peu les procès contre les géants du tabac, les fabricants de tabacs qui sont devenus en quelques années des pestiférés.
Bref, on le voit, l'Amérique est peut etre en train de nous écrire "la fin du Pétrole" !