Allemagne : la grève s'étend pour réclamer 6% de hausse salariale

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L'édito économique d'Axel de tarlé est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

La grève s'étend en Allemagne pour réclammer des hausses de salaires.
Ce mercredi, plus de 30.000 ouvriers ont debrayé dans tout le pays.

Grèves chez Opel mais aussi, auparavant chez Daimler, Mièle (l'electro-ménager), Otis (les ascenseurs) ou Bombardier (les trains). Depuis le début du mouvement, on compte près 500.000 grévistes.
Le syndicat IG Mettal reclamme 6% de hausse de salaires et la semaine de 28 heures pour ceux qui le désirent. 28 heures payées 28 mais avec des compensations salariales.
Donc, pour le patronat c'est non et non et deux fois non.

Et pourtant, Axel de Tarlé penche pour un deux fois "oui".

D'abord parce que comme le dit encore le FMI ce jeudi, en Allemagne, on economise trop.
Le pays cumule de gigantesques excédents commerciaux et même budgétaires à un moment où il faut que les gens en profitent.
Le but d'une économie ce n'est pas d'accumuler les excédents mais que les gens vivent mieux et consomment.
Donc, oui, après des années de rigueur salariale notamment dans les années 2000, les syndicats ont raison de demander des hausses de salaires pour partager les fruits de cette croissance.

Mais la France pourrait directement profiter de ces hausses de salaires en Allemagne ?

L'autre raison en faveur de ces hausses de salaires en Allemagne est beaucoup plus égoïste, elle aura un impact direct (presque mécanique) sur les salaires en France.
Depuis l'euro, on ne peut plus dévaluer, nous avons la même monnaie
Or, il apparait que le "made in France" est trop cher par rapport au "made in Germany".
Une heure de main d'œuvre en France c'est plus de 37 euros contre 35,80 euros en Allemagne.
Et donc, que fait-on, pour gagner en compétitivité ? On s'impose en France la rigueur salariale avec des baisse de charges et une faible augmentation de salaires.
On voit bien qu'il y a une autre façon beaucoup plus agréable de rééquilibrer un peu les choses.
Plutôt que de baisser les salaires chez nous, l'Allemagne pourrait les augmenter chez elle. Si les salaires augmentent de 6% en Allemagne, sans rien faire, la France gagnera en compétitivité-prix.

C'est pour cela, dis deux fois "oui" à ces hausses de salaires en Allemagne, pour le bien-être des Allemands mais aussi (et surtout) des Français !