Agriculture : un secteur malade d'avoir trop été industrialisé

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Axel de tarlé vous parle économie est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Beurre, Vin ou huile d'olive, toute notre production agricole souffre de pénuries chroniques.
Il va manquer de foie-gras pour les fêtes de fin d'année ?

Des millions de canards ont été abattus à cause de la grippe aviaire en début d'année et c'était déjà le cas l'année précédente.
En deux ans, le cheptel a chuté de 38% et donc, logiquement, la production de foie gras s'en ressent.
Elle sera cette année inférieure de 44% par rapport à l'an dernier. On l’a quasiment divisé par deux en deux ans.
Heureusement, on a tendance à moins manger de fois gras.
Mais cette année, à nouveau, il faut s'attendre à des hausses de prix, au moins 10% plus cher.

Sans parler de pénurie, cette tension sur le foie gras vient s'ajouter à la tension sur le beurre.
Tension également sur la production viticole où la récolte a chuté de 19% cette année en France.
On pourrait également parler de l'huile d'olive, dont la dernière récolte a été qualifiée de "catastrophique" par les professionnels.

Oui mais, c'est propre au monde agricole ? Les récoltes peuvent varier d'une année sur l'autre.

Certes, mais on voit bien aussi qu'on arrive au bout de notre modèle agricole intensif, qu'on a trop industrialisé, trop séquencé comme si on était à l'usine.
Le premier problème c’est la monocolture. Avec la génétique, on a privilégié les plantes et les espèces les plus rentables comme les pommes bien rondes, les tomates bien rouges ou les vaches qui produisent peu de matière grasse. Résultat : aujourd'hui, on n'a plus de beurre !
Le problème c'est qu'en perdant ainsi de la diversité animale et végétale, on a fragilisé les espèces face aux virus et aux bactéries.

Or ensuite, deuxième problème, on a séquencé le travail agricole. C'est flagrant dans la filière foie gras, les canards sont regroupés pour être élevés à un endroit, puis gavés à un autre, et enfin abattus encore ailleurs. Évidemment, si un virus se balade c'est un carnage, il se transmet à tout le cheptel. C'est comme ça qu'il a fallu abattre quatre millions de canards l'hiver dernier.

Donc, on voit bien les limites de cet élevage intensif. La monoculture et les pesticides/antibiotiques pour tenir le coup. Et en bout de chaine, des prix bas dans les supermarchés.
Ça tombe bien et le consommateur et les agriculteurs veulent sortir de ce cycle infernal.