Agriculture : très bonne récolte pour les céréaliers, mauvaise pour les viticulteurs

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Axel de tarlé vous parle économie est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie, Hélène Jouan et Vincent Hervouet vous parle respectivement de politique et d'international et Matthieu Noël se montre doucement acide.

>> Agriculture : très bonne récolte de blé, mais petites vendanges cette année

Dans l'agriculture, c'est connu, il y a les années "avec", et les années "sans". Pour les céréaliers, C'est une année "avec". Ils enregistrent + 34 % pour la récolte de blé en 2017. A l'inverse, pour les viticulteurs, c'est - 17 % pour les vendanges cette année. La plus petite récolte depuis 70 ans, soir depuis 1945.

A chaque fois, c'est la météo qui explique ces variations.  Cette année, par exemple, avec le réchauffement climatique, la sortie de la vigne, a commence très tot, dès avril, sauf que s'en est suivi une période de gel, au printemps, fatale pour le raisin.

Donc, Axel, si je vous comprend bien, les viticulteurs font grise-mines et les céréaliers retrouvent le sourire ! C'est ça ?

Pas si simple.  Parce que certes en volume, les céréaliers retrouvent le sourire mais reste à savoir, maintenant, à quel prix, ils vont vendre leur blé. Et là, pas de chance, les cours du blé - mondiaux - sont historiquement bas parce que partout dans le monde, la récolte de blé est abondante. Si bien, d'ailleurs, que certains céréaliers vont devoir vendre à perte.

Alors que dans le vin, cette problématique ne se pose absolument pas.  Car, nos viticulteurs ne vendent pas des produits de base, - des grappes de raisin - ils vendent des grands vins, - grands vins de bordeaux, grands vin de bourgogne, du Champagne - reconnus dans le monde entier. Et quand vous vendez un tel produit, c'est vous même qui fixez, vous qui imposez vos prix. Vous êtes le maître. C'est là toute la différence avec le blé. Quand on vend un produit de base, non transformé. C'est le marché mondial qui vous impose ses prix. Et, là, vous subissez.

C'est intéressant, les viticulteurs nous montrent que pour réussir dans cette mondialisation "sauvage", il faut vendre - au maximum - des produits transformés, et des produits haut de gamme. Cela vaut aussi pour la lait, ou la viande (le porc), des produits qui peinent parfois à trouver des débouchés à l'export. Et, C'est loin d’être anecdotique. Cette filière vin & spiritueux génère dix milliards d'euros à l'export. C'est le deuxième plus gros poste excédentaire de notre commerce extérieur, après l'aéronautique.