Suivre sa peur, meilleur indicateur de la marche à suivre

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Anne Cazaubon explique mardi sur Europe 1, comment ce qui effraie, ce l'on ne veut pas faire, est exactement ce que l'on doit faire.

Quand il s’agit de prendre le volant, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a toujours deux équipes. Il y a ceux qui prennent l’autoroute, parce que c’est pratique, parce que c’est tout droit, et surtout parce que c’est bien indiqué, ceux qui se sont mariés jeunes, parce qu’ils avaient rencontré la bonne personne, au bon moment, qui ont fait fac de droit pour faire plaisir à Papa. Et puis il y a les autres. 

Ceux qui ont voulu voir du pays ou qui se sont engueulés autour d’une carte routière, ceux qui n’ont pas voulu s’arrêter pour demander leur chemin à la petite vieille assise sur son banc depuis 2.000 ans à l’entrée du village et qui se sont dit "on s’en fout, on verra bien et au pire, on voit du pays !".

Se construire en adéquation ou en opposition. Pour certains, c'est important, ça dit beaucoup de nous, le chemin que l'on prend, sur lequel on s'engage. Il paraît d’ailleurs que l'on se construit soit en adéquation, soit en opposition, souvent par rapport à notre famille d'ailleurs. On fait du droit comme papa, ou alors clown, rien que pour le faire suer !

D'autres fuient. Oui, sauf que pour certains, ce n'est ni l'envie de découvrir de nouveaux horizons, ni la soif de tracer la route qui nous motive mais simplement la peur. Celle qui nous pousse non pas à avancer, mais à nous éloigner, à mettre à distance. C’est comme si on roulait, en ne faisant que regarder dans le rétroviseur ce dont on ne veut absolument pas s’approcher !

Cela peut être une situation, un milieu, une personne, un chemin tout tracé dont on ne veut pas. Si cette peur est plus grande que nous, elle va nous obliger à nous mettre dans un état de vigilance permanente et donc de fuite constante ! Un peu comme si on prenait un boomerang, et qu'on le lançait de toutes ses forces le plus loin possible. 

Oser se dépasser. Et à ce sujet, j'ai une bonne, et une mauvaise nouvelle. Oui, le boomerang revient. Toujours. Il met le temps qu'il faut. Mais il revient. Et avec lui, toujours, une magnifique opportunité de traverser, d'oser franchir, de dépasser, d'aller rencontrer ses peurs en face, pour les remercier, au sens premier du terme : leur dire "merci", et donc "au revoir". C'est Jean de la Fontaine qui disait qu'"on rencontre sa destinée, souvent par des chemins que l'on prend pour l’éviter". 

Embrasser la peur. Parce que ce qui vous effraie, ce que vraiment, vous ne voulez pas faire, et bien c’est exactement ce que vous devez faire. La peur est le meilleur indicateur de la marche à suivre, de ce vers quoi nous devons aller. Oui, la peur, il va falloir la plaquer contre un mur et l’embrasser ! Alors à partir de maintenant, la peur de parler en public, on l’enlace ! La peur de se laisser envahir, on la bise ! La peur de réussir, on la bécote. La peur de déplaire, on l’étreint. Et la peur de s’engager, on l’épouse. Parce que tout ce dont vous avez toujours rêvé, vous attend, avec impatience, juste de l’autre côté de la peur !