Se concentrer sur soi par le yoga

  • A
  • A
Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
Partagez sur :

Anne Cazaubon raconte sa dernière séance de yoga, avec un enseignement à appliquer dans la vie de tous les jours. 

Tous les jours, on termine l’émission en sa compagnie pour sa chronique Antidote. Et Anne Cazaubon, hier soir, vous aviez votre cours de yoga.

Décidément, rien ne vous échappe Isabelle, vous avez remarqué combien je gagnais en souplesse derrière le micro et dans la vie parce que franchement, il nous est demandé de faire le grand écart, parfois. Vous le savez, j’aime bien partager avec vous les enseignements de cette pratique. Parce que je trouve (c’est en tout cas ma croyance) que beaucoup de phrases prononcées par le professeur sur un tapis de yoga, résonnent également dans nos vies (pour qui veut bien les entendre)Alors hier soir, notre prof, originaire d’Inde, nous a invité à faire la posture de l’arbre. (Pour les non-initiés, il s’agit d’une posture d’équilibre qui aide à trouver son centre. Vous êtes sur un pied, et repliez l’autre à l’intérieur de la cuisse ou sur le mollet. Puis montez les mains jointes en l’air, tout en fixant un point en face de vous, pour vous concentrer.) A cet endroit, vous êtes un arbre et vous êtes invités à ressentir vos racines en bas, ce tronc solide et vos branches florissantes en haut. Et là, vous êtes invités à rester un certain nombre de secondes dans cette posture. Enfin, surtout à faire ce que vous pouvez.

"Ne vous comparez pas." Nous voilà donc, chacun sur notre tapis de yoga, à fixer au loin cette tâche sur le mur, cette fissure, là, ce petit bout de peinture qui craque. A ce moment-là, je suis pas si mal et de manière collective, on tient tous notre arbre. Bon, je ne vous cache pas que dans cette forêt de leggings et de t-shirt en coton bio, il y a de grands chênes ou d’immenses marronniers solides et sveltes (et que je suis plutôt du genre « petit sapin post-fête de noël qui aurait fait un joli vol plané par la fenêtre » dans son petit sac doré) mais je tiens bon (vous me connaissez, je suis une coriace)Mais c’est là que tout bascule : l’une d’entre nous commence à vaciller. Je la vois dans mon angle mort. Puis ma voisine bouge également. Et là, on est à deux doigts de faire un strike, façon « Domino Day ». A ce moment-là, notre prof a simplement lâché « restez concentrés sur votre pratique. Ne vous comparez pas, ne regardez pas ce que font les autres restez sur votre tapis ». Il aurait pu dire, « restez sur votre chemin », c’était pareil. Et je dois dire que c’est vrai que le simple fait de jeter un œil à celle qui vacillait, nous a tous fait plus ou moins tomber que dans cette salle de yoga, même si nous ne sommes qu’une petite dizaine sur nos tapis, c’est comme si nous étions parfaitement reliés les uns aux autres, comme si nous formions un grand TOUT.

"Nous sommes tous reliés." Ça m’a fait penser à cette phrase des Indiens Lakota en Amérique du Nord, qui répètent souvent « Mitakouyé Oyasin », qui veut dire « nous sommes tous reliés ». C’est ce que nous dit également la physique quantique : que TOUT n’est qu’énergie. Que tout dans l’univers est énergie. Et que ces énergies sont omniprésentes, qu’elles véhiculent, qu’elles se relient, se connectent et s’attirent entre elles. C’est pour cela d’ailleurs que je vous parle souvent de l’importance des pensées, de faire attention à cette énergie que vous émettez dans l’univers. Vous l’avez d’ailleurs déjà senti, sans vraiment mettre de mots dessus. Quand on se dit « je le sens pas lui » ou « c’est une belle femme, mais je ne me sens pas attiré par elle ».Chaque personne dégage autour d’elle un champ d’énergie, et ce champ peut rencontrer le subconscient d’autres personnes présentes dans la même pièce. C’est pour cela que l’on peut se sentir plombée par une ambiance glauque dans un bureau, par une dispute qui reste dans l’air, ou tous se laisser tomber par mimétisme en se concentrant sur celle qui tombe sur son tapis de yoga. Mais à l’inverse, ça marche aussi. Si, si, il vous suffit de regarder un bébé et de lui sourire. Vous verrez que lui au moins, vous sourira en retour. Beaucoup d’adultes se sont coupés de ce premier élan. Et si aujourd’hui, on essayait de se concentrer sur nos pensées, pour les garder positives, et emmener notre entourage, un peu plus haut et un peu plus loin ?