Rendez-vous au cinéma pour voyager en pleine conscience

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Anne Cazaubon nous emmène au cinéma pour vivre l'expérience d'un voyage en pleine conscience. C'est d'ailleurs le nom de ce documentaire qui fait sa sortie en salle mercredi.

Anne aujourd’hui, vous nous emmenez au cinéma…

Ce qu’il y a de bien avec le développement personnel, c’est qu’on peut le nourrir de nombreuses manières. Et surtout, il y en a pour tous les goûts. On peut grandir, évoluer, ouvrir toujours plus sa conscience grâce aux manuels de développement personnel qui nous donnent quelques clés pour des situations bien précises, il y a les conférences gratuites sur internet, les vidéos inspirantes, la thérapie, les retraites, et tant d’autres choses encore. Et il y a aussi la manière dont je dépense mon argent et ce que je choisis de regarder sur les écrans. Les films, aussi, que je choisis d’aller voir au cinéma. En voici un qui devrait remplir largement sa mission d’ouvrir un peu plus grand nos yeux sur ce que l’on vit. Je vous invite donc à courir en salle dès demain pour découvrir un magnifique documentaire:  "Voyage en pleine conscience", sur les pas de l’un des initiateurs du bouddhisme zen en Occident les plus connus, Thich Nhat Hanh.

L’acteur américain Benedict Cumterbach fait "la voix de la conscience" et celle-ci, c’est celle de Thich Naht Han donc, moine bouddhiste militant pour la paix, exilé en Occident en 1966 et dont Martin Luther King proposera la candidature pour le prix Nobel de la Paix. "Voyage en pleine conscience" n’est donc pas un biopic ou un documentaire sur la personnalité ou le parcours de cet homme aujourd’hui âgé de 92 ans, mais justement, parce que la communauté est Thich Nhat Han et que Thich Nhat Han est la communauté, c’est en suivant ceux qui viennent des quatre coins du monde, parfois en famille avec les enfants participer aux marches de pleine conscience en forêt, dans le village des Pruniers, dans le Sud-Ouest de la France, que les deux réalisateurs Max Pugh et Marc J. Francis ont orienté leur film. Au total, ils auront tourné plus de 200 heures et c’est d’ailleurs très inspirant de les entendre raconter que, comme chacun des moines ou nonnes n’avait pas de portables, ils étaient impossibles à joindre et qu’il leur a donc fallu lâcher prise sur l’agenda qu’ils s’étaient fixé pour suivre ce qui était là, ce qui se présentait.

Il faut dire que les réalisateurs se sont attelés à un sujet compliqué à retranscrire…

C’est difficile de filmer la pleine conscience. Vous savez, essayer de ramener son attention sur l’instant présent, c’est tellement quelque chose qui s’expérimente, et qui se vit, tellement impalpable. Pourtant, tout au long du documentaire, on se surprend justement à se laisser contempler, s’arrêter, méditer sur ces paysages qui voient les quatre saisons défiler. Ce qui est passionnant aussi, c’est l’humain bien sûr, filmé au plus près. Cette petite fille qui se pose des questions sur la vie et la mort, parce qu’elle vient de perdre son chien, et la réponse de Thich Nhat Han, à hauteur d’enfant. Je n’oublie pas également ces adultes qui s’autorisent à pleurer, lors de ce silence, où enfin, ils s’accordent du temps pour eux, où enfin, ils laissent leur être profond s’exprimer et les larmes couler.

Et puis il y a cette sonnerie. Ces quelques notes de Big-Ben qui sonnent régulièrement tout au long de la journée, et qui invitent à, quoi que vous fassiez (la cuisine, le ménage, que vous soyez en pleine discussion), vous reconnecter au moment présent, lâcher le téléguidage pour revenir au souffle et à soi, ici et maintenant. Oui, c’est bien plus qu’un documentaire. C’est une quête initiatique et une exploration fascinante de ces vies tournées vers le présent et le détachement des aspects matériels de notre société. Ça s’appelle donc "Voyage en pleine conscience" et ça sort mercredi en salles.